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6.18 "La bague au doigt"



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Nouvelle page 1

Episode 2.18 : L’étudiant étranger

Script rédigé par Nadine

 

SIMON ET ROSIE CHERCHENT QUELQUE CHOSE DANS DES CEREALES. ERIC ARRVE.

Eric : Ah ! Bonjour !

Rosie : Maman n’est pas à la maison

Eric : Hé oui ! Je vois ça.

Simon : On a fait un peu de bazar. Ils marquent sur la boîte qu’il y a un cadeau géant, on ne l’a pas trouvé.

ERIC RANGE LES CEREALES DANS LA BOÎTE.

Rosie : Attends ! On veut notre surprise, nous.

Eric : J’ai une plus grande surprise. La famille va compter un nouveau membre.

Rosie : C’est un chaton ?

Eric : Non. Nous allons avoir un jeune étudiant étranger qui va habiter la maison. Il vient de France.

Simon : Ca, c’est une super nouvelle. Mais attends ! C’est dangereux si ce gars est un espion ?

Eric : C’est vrai. Je n’y ai pas pensé. Mais autant que je me rappelle, les Français sont toujours nos alliés Donc, j’espère que vous serez gentil avec ce jeune homme. Faites-lui un bon accueil, compris ?

A CE MOMENT-LA, MATT ARRIVE.

Matt : Bon accueil à qui ?

Rosie : Un Français.

Eric : Oui, il vient dans le cadre d’un programme d’échange et on va l’héberger.

Matt : Hm ! Et où tu comptes le coucher ? Sur le porche ?

Eric : On pourra lui donner une de vos chambres, tout simplement.

PUIS ARRIVENT LUCY ET MARY.

Eric : Bien. Lequel de vous est volontaire ?

APRES CETTE QUESTION, CES DEUX DERNIERES REPARTENT.

Eric : Halte !

Rosie : Un Français doit venir vivre chez nous, il n’y a pas de quoi rire.

Mary : Un Français ? Et il a quel âge ?

Lucy : Un étudiant ?

Eric : Le même âge que Matt, je crois.

Matt : Beau cadeau ! Je suppose que je vais devoir le traîner partout avec moi comme un toutou ?

Eric : Que les choses soient bien claires. Ce garçon est là pour quelques semaines. Il est venu de loin. Il ne connaît pas une âme en ville. Il doit se sentir seul. Alors, je veux que vous le traitiez comme vous aimeriez qu’on vous traite si vous vous retrouviez loin de chez vous.

Lucy : Tu peux compter sur moi, pour ça.

Mary : Oui, et aussi sur moi.

Matt : Euh ! Inutile de me regarder. S’il a mon âge, cela ne veut pas dire qu’on peut être copain.

Lucy : Je parie qu’il s’y connaît mieux que toi en fille.

Matt : Oh oui ! Ca pourrait être bien de le balader un peu en ville.

Eric : Ben oui !

Rosie : Ils mangent quoi, les petits Français ?

Matt : Des escargots.

Rosie : Beuh ! Des escargots !

Eric : Oui, mais pas uniquement.

Matt : Qu’est-ce que maman pense de ça ?

EN RENTRANT DE SES EMPLETES, ANNIE ARRIVE.

Annie : Ce que maman pense de quoi ?

Eric : Ah ! Bonjour chérie ?

Annie : Bonjour.

Rosie : Il y a un étudiant de rechange qui mange des escargots, qui va vivre chez nous.

Annie : Oh, il n’y a aucun risque pour ça.

Eric : Euh, en fait, ce que Rosie voulait dire, c’est qu’on va accueillir un étudiant, un jeune Français. Il va rester pendant deux semaines. C’est fantastique, non ?

Annie : Hein ?

Eric : Chérie.

LES ENFANTS ET HAPPY PARTENT.

Rosie : Attendez-moi !

ANNIE EST CONSTERNEE. ERIC LA REGARDE EN SOURIANT.

 

 

« « « GENERIQUE » » »

 

DANS LA CUISINE, ERIC PARLE À ANNIE, DE LA PRESENCE DE L’ETUDIANT ETRANGER.

Annie : Quoi ? Tu invites quelqu’un à séjourner ici sous notre toit sans même me consulter avant ?

Eric : Oui, J’ai été pris de court, je suis désolé. Martin Aucoin m’a appelé et il lui fallait une réponse sur le champ parce que si le jeune n’avait pas trouvé d’hébergement, il aurait dû reprendre l’avion, ce matin. Je pensais que ce serait une expérience enrichissante pour les enfants et pour nous aussi.

Annie : Mais pour s’enrichir, il y a des musées. Et puis comment veux-tu qu’on héberge ce pauvre garçon sous notre toit. Je dis « notre toit », mais je devrais dire « ton toit » parce que je ne suis juste bonne qu’à faire le ménage. Les décisions, tu les prends tout seul.

Eric : Pardon, j’ai eu tort. J’ai cru que tu n’y verrais aucun inconvénient.

Annie : Ah ! Mais naturellement, quelqu’un de plus, ce n’est rien. Ca ne changera pas grand-chose pour toi parce ce n’est pas toi qui cuisines et qui t’occupes de la vaisselle.

Eric : Et il n’a pas six ans. Il te donnera un coup de main pour la vaisselle, chérie.

Annie : Est-ce que tu sais tout ce que ça mange, un garçon en pleine croissance ? On n’est pas à l’aise côté budget et … et j’ai … j’ai du mal à m’en sortir avec la lessive. Je ne tiens pas à repasser des piles de linge supplémentaires, moi. Ha ! Ha ! Et il y a également la question de … la place. Est-ce que tu as réfléchi où il coucherait ?

Eric : Quoi ? Simon et Rosie aimaient bien être dans la même chambre.

Annie : Non, souviens-toi.

Eric : Ah oui !

Annie : Tu aurais dû me demander mon avis avant.

Eric : Ouais.

Annie : En général, tu ne me fais pas de contraintes comme ça. Quand est-ce qu’il débarque ?

Eric : Euh ! Normalement Martin l’amène … bientôt.

Annie : Bientôt, c’est quand ?

TOUT-A-COUP, ON SONNE A LA PORTE.

Eric : Bonjour, bienvenue, entrez.

Martin : Bonjour, mon révérend.. Martin. Guillaume, voici le révérend et madame Camden.

Guy : Enchanté de vous connaître et merci de votre hospitalité.

Eric : Ah ! Mais c’est … c’est un plaisir, Guillaume.

Guy : Ah non, pas Guillaume. Appelez-moi Guy.

Eric : Guy !

Annie : Guy !

Guy : Des chocolats. Pour vous.

Annie : Oh ! Merci.

Guy : C’est naturel. C’est si gentil à vous de bien vouloir m’accueillir ici sous votre toit bien que vous ayez cinq enfants à charge, je crois.

Annie : Oh ! Oui !

Guy : Et si je peux me permettre, vous devez être une femme remarquable, pour vous occuper de cinq enfants, tout en ayant l’air d’un de ces mannequins en première page des magazines.

A CES MOTS, ERIC ET MARTIN SE RETIENNENT  DE RIRE. PAR CONTRE, ANNIE EST TRES TOUCHEE.

Annie : Euh. Vous avez peut-être faim ? Je vais vous faire un sandwich.

ANNIE S’EN VA DANS LA CUISINE.

Guy : J’ai aussi des choses pour vous.

Eric : Du Bordeaux ? Je suis touché … oh ! Une boite de …des Cubains ?

Guy : Oui, j’ai fait de la contrebande pour vous.

Martin : Je vous jure que je n’étais pas au courant.

Eric : Merci beaucoup, c’est vraiment gentil mais …oh, il faut que je vous dise. Je ne fume pas mais je crois que ça fera le bonheur de Martin.

Martin : Merci.

Eric (à Guy) : Vous pouvez allez  vous asseoir à côté pendant que je prépare votre chambre. Allez-y.

Guy : Entendu. Merci beaucoup.

Martin : Encore merci, mon révérend. Surtout n’hésitez pas à m’appeler s’il y a un problème. Quoi que. Je doute qu’il y en ait.

MARTIN PART. ERIC APPELLE MARY, LUCY ET ROSIE.

Eric : Les filles, vous venez dire bonjour à Guy ?

LES FILLES DESCENDENT.

Rosie : Guy ? C’est nul ?

LES FILLES SE DIRIGENT À LA SALLE DE SEJOUR AFIN DE FAIRE LA CONNAISSANCE DE GUY.

Eric : Guy, voici la petite dernière. Rosie.

Guy : Bonjour, jeune fille.

Rosie (froidement) : Je sais que je ne suis pas une jeune fille mais je le serai dans dix ans.

Mary : Salut. Moi, je m’appelle Mary.

Guy : Euh, Mary, euh.

Eric : Il est Français et il n’est pas sourd. (À Guy) Alors, parle-lui normalement.

Guy : Bonjour, Mary. Tu as un joli pull. Je le trouve vraiment classe. Mais sur quelqu’un d’aussi joli que toi, tout paraît plus chic.

Eric : Je reviens. Ne bougez pas.

ERIC PART.

Lucy : Bonjour, Guy. Je m’appelle Lucy Camden. Comment ça va ?

Guy : Ah ! C’est un nom qui te va bien, Lucy. C’est ravissant.

LUCY ET GUY S’ASSEYENT.

Rosie : Est-ce que c’est vrai ?

Guy : Et quoi donc ?

Rosie : Que tu manges des escargots ?

Guy : Ah ! Oui. Tu devras essayer. C’est excellent.

Rosie (dégoûtée) : Beuh !

Lucy : J’adorais goûter.

 

ERIC DEMANDA À SIMON DE PRETER SA CHAMBRE À GUY.

Eric : Allez, quoi ? Un beau geste. Ce n’est pas la mort.

Simon : Tu crois ? C’est toujours moi qu’on sacrifie.

Eric : Ecoute ! On ne te demande pas de la laisser pour longtemps, c’est seulement pour deux semaines, je te le promets.

Simon : Bien. Mais à condition que Rosie accepte de prendre le lit du bas.

Eric : Tu es le meilleur, là. Tu nous sauves. Je me charge de Rosie.

Simon : Bon courage !

ERIC PART ET DISCUTE DE CETTE AFFAIRE AVEC ANNIE.

Eric : Voilà. Le problème est résolu. Simon s’installe temporairement avec Rosie.

Annie : Ah ?

Eric : Et nos trois filles s’occupent de notre hôte. Regarde. Ils bavardent. J’ai l’impression qu’elles l’apprécient, ce Guy.

Annie : Ah ! Mais ce n’est pas étonnant.

Eric : Non. Il te plaît ?

Annie : Ouais. C’est un garçon gentil et poli.

Eric : Et il n’a pas tellement de bagages, donc il ne doit pas avoir beaucoup de linge, donc moins de lessive.

Annie : Pas moins, plus souvent. Mais, je m’en accommoderai. Je le trouve assez mignon et … charmant.

Eric : Est-ce que tu as dit « mignon » ?

Annie : Hm ! Oui, mignon. D’ailleurs, ça risque de poser un problème.

Eric : Euh, quel problème ?

Annie : Nous avons deux jeunes adolescentes dans cette maison.

Eric : On peut les éloigner, s’arranger pour qu’elles ne le voient pas trop en le repassant à Matt.

Annie : Oh ! Je ne crois pas que ton fils coopérera. En fait, Matt n’aura pas trop envie que quelqu’un chasse sur son territoire. Il ne tient pas à la concurrence.

Eric : Allons, Matt est plus sûr de lui que tu ne le penses. Ne t’en fais pas ! Tu verras que tous les enfants s’entendront avec Guy.

ROSIE INTERVIENT DANS LA DISCUSSION.

Rosie : C’est un sale type.

Eric : Exceptée Rosie. Pourquoi ?

Rosie : C’est un sale chauviniste.

Annie : Rosie, tu utilises des mots dont tu ne connais pas le sens.

Rosie : Je sais bien ce que « sale » veut dire.

Eric : Ah ?

 

LUCY ET MARY SONT DANS LEUR CHAMBRE.

Lucy : Dis donc ! Tu crois que les Français sont tous porteur du gène de la galanterie ?

Mary : Tu dis n’importe quoi. Ce n’est pas génétique.

Lucy : Tu crois ? Mais on ne parle pas de la galanterie canadienne, suisse ou bien hollandaise.

Mary : Bon, c’est possible, admettons. Mais il vaut mieux que tu évites le sujet avec Guy. Il y verrait une invitation.

Lucy : Sans rire ?

Mary : Oui. Et aussi longtemps qu’il vit chez nous, il est comme un frère.

Lucy : Ah ! Oui ! Et tu comptes le traiter comme Matt, alors ?

Mary : Oui, c’est comme ça que je compte le traiter.

Lucy : Super.

Mary : Attends ! Même s’il ne vivait pas ici, il est trop vieux pour toi.

Lucy : Pour moi ? Pas du tout.

LUCY VOIT MARY SE REGARDER DANS LA GLACE AFIN DE SE CHANGER.

Lucy : Hé ! C’est nouveau que tu te changes pour le dîner ?

Mary : Je me sentais un peu sale. J’étais en sueur en rentrant parce que j’ai fait du basket.

Lucy : Hein, hein !

Mary : Hein, hein, quoi ? Je t’écoute.

Lucy : Tu cours après lui.

Mary : Tu n’y es pas du tout. Je ne cours pas après Guy.

Lucy : Ouais, tu parles … Tu ne veux pas faire le test « Etes-vous fait l’un pour l’autre » qui est dans mon magazine ? On verra qui de nous deux est faite pour Guy.

Mary : Oh ! Je ne veux pas que tu sois déçue.

Lucy : Comment découvrir l’homme idéal ? Etes-vous fait l’un pour l’autre ? Vingt questions pour savoir si c’est pour la vie ou pour une nuit.

 

PENDANT CE TEMPS, GUY FAIT LA CONNAISSANCE DE MATT ET DE SIMON.

Rosie : J’étais sûr que tu reviendrais en rampant.

Simon : Je déménage uniquement pour rendre service à papa.

PAPA FRAPPE À LA PORTE. IL ARRIVE AVEC GUY.

Simon : Oops ! Il est là ? Je veux dire … bonjour.

Eric : Guy, voilà Simon et Matt.

Matt : bonjour.

Guy : Bonjour.

Simon : Hé ! Hé ! Tu as un portable ? Super ! Tu t’en sers pour envoyer des e-mails en France.

Eric : Bon. Vous aiderez notre invité à s’installer. Je peux compter sur vous. Simon, tu lui apporteras une paire de draps et des serviettes.

ERIC PART. GUY PARLE AVEC MATT.

Guy : Je suppose que c’est à toi qu’il faut que je m’adresse pour savoir où on s’amuse dans le coin ? A l’aéroport, j’avais fait connaissance avec des étudiantes arrivant de Suède. Deux sœurs, du genre canon. Je peux leur téléphoner pour organiser un truc. Ca te tenterait ? Quoi ?

Matt : Un cinéma à quatre ?

Guy : Ou autre chose.

Matt : Désolé. Mais ce soir, je suis pris.

Guy : Pas de problème. Ce soir, je me sens un peu fatigué. Demain, si tu veux.

Matt : Ouais. Ce sera chouette.

Guy : J’arrange ça.

Matt : Oui, arrange ça.

MATT PART. SIMON ARRIVE.

Simon : Ah ! Il y a une prise de téléphone par là si tu as envie de brancher ton modem. Mais si tu téléphones en France, je crois que mes parents n’apprécieront pas trop.

Guy : Oui, je te crois. Ca revient à une fortune de téléphoner en France, j’ai vu.

Simon : Si tu veux consulter Internet, tu ne pourras le faire que pendant la nuit. Ici, on n’a qu’une seule ligne de téléphone.

Guy : Oh ! J’utilise rarement le modem, en fait. Surfer sur Internet, c’est un peu trop compliqué.

Simon : Non, je ne trouve pas. Si tu veux un coup de main pour te trouver des forums qui t’intéressent, demande-moi. C’est très sympa pour rencontrer des filles.

Guy : D’accord. Si je vais essayer, je viendrai te le demander.

Simon : Oui. D’ailleurs, je pourrai aussi te filer des adresses de site français.

Guy : Et on y trouve quoi ? Le nom des fromages ?

Simon : Non, mais ça doit se trouver, ça aussi.

Guy : On verra ça plus tard. D’abord, il faut que je fasse un brin de toilette. Ta mère m’a fait un sandwich et elle va penser que je suis mal élevé si je la fais attendre une heure.

Simon : La salle de bain, c’est en face dans le couloir.

Guy : Merci.

SUR LE CHEMIN, IL FAIT SIGNE À MARY ET LUCY.

Guy (à Rosie) : Oh ! Je ne t’avais pas vu, petit bout de chou.

Rosie (froidement) : Rosie, c’est Ro-sie

GUY SE DIRIGE À LA SALLE DE BAIN, AERE LA PIECE ET FUME ;

Guy : Pff ! Quelle bande de ploucs !

 

MATT VA À SON RENDEZ-VOUS.

Matt : A plus tard.

Eric : Où est-ce que tu vas ? On a un invité, ce soir ?

Matt : Ah ! Mais je sors.

Eric : Enfin ! Tu n’emmènes pas Guy ?

Matt : Ce soir, il est fatigué et il ne veut pas sortir.

Eric : Eh ben, alors, reste. Vous bavarderez.

Matt : Arrête ! C’est vendredi soir. J’ai un rendez-vous et tu le laisses tomber, toi aussi, alors que c’est toi qui l’as fait venir.

Eric : Moi, je vais à l’église. Je dois préparer un nouveau sermon.

Matt : Tu pourrais travailler ici, non ?

Eric : Mais, j’ai oublié mon ordinateur à l’église.

Matt : Oui, ça tombe bien, ça.

Eric : Je dois y aller. Reviens à 9 heures, d’accord ?

Matt : J’ai la permission de minuit, je te rappelle.

Eric : Et qui s’occupera de Guy jusqu’à minuit ?

Matt : Ah ça, c’est ton problème, il fallait y réfléchir avant de l’inviter ici.

Eric : Bon. Amuses-toi bien !

 

LUCY DISCUTE AVEC GUY.

Lucy : Question. Qu’est-ce que les Français remarquent en premier chez une fille ? Son visage, son physique ou son esprit ?

Guy : Tu as oublié la chose importante pour moi. Le regard. Le plus beau chez une fille, selon moi, c’est toujours les yeux.

Lucy : Hm ! Hm !

 

ANNIE EST DANS LA CHAMBRE. ELLE ARRANGE LE LIT DE GUY. A CE MOMENT-LA ERIC ARRIVE.

Eric : Pourquoi tu ne laisses pas Guy le faire ?

Annie : Vas le lui demander, Monsieur Tout-Baigne.

Eric : C’est son premier jour chez nous. Demain, il se débrouillera tout seul, comme les enfants.

Annie : Ah ! Merci … Où est-ce que tu vas ?

Eric : Euh ! Il faut que je retourne à l’église et j’ai oublié mon ordinateur. Mais, je reviens vite.

ERIC SORT. SIMON ENTRE.

Simon : Dis, maman ! Est-ce que tu sais où papa range le câble de raccordement de l’ordinateur ? Guy m’a prêté son portable et je voudrai en profiter tant que je l’ai. Quand je touche au sien, papa devient vert.

Annie : Est-ce que tu as fait tes devoirs ?

Simon : Non, c’est vendredi soir. C’est toujours le dimanche soir que je révise. C’est sous pression que j’apprends bien. Je les ferai demain, si tu y tiens, mais pas ce soir.

Annie : Entendu. Mais demain, tu ne dois pas attendre la dernière minute.

Simon : Je sais. Dis, maman ! Etant donné que papa est parti, et que j’ai eu la gentillesse de prêter ma chambre, est-ce que je peux m’installer dans le bureau ? C’est pour surfer sur le net.

Annie : Vas-y. Mais ne mets pas de désordre.

Simon : L’intérêt avec ces jouets, c’est que c’est vite rangé.

 

LUCY DISCUTE AVEC GUY.

Guy : Un homme du monde ne parle jamais de ses conquêtes.

MARY INTERVIENT DANS LA DISCUSSION ;

Guy : Où est-ce qu’une aussi belle jeune fille peut aller passer sa soirée ?

Mary : J’ai pas encore de projet. Mais je suis partante, si tu proposes quelque chose.

Guy : Où est-ce que les jeunes de votre ville vont quand ils veulent sortir ?

Lucy : Oh ! Mais ça dépend. Il y a le ciné ou bien le billard.

Guy : Ah ! On peut y aller, au billard. Moi, j’adore.

Lucy : Ah ! Et on y va. Ce sera une super soirée !

Mary : Ah ! Moi,  je veux bien. Seulement, papa a une des voitures et Matt a emprunté l’autre.

Guy : On peut prendre le métro.

Mary : Le métro ?

Lucy : Il n’y en a pas.

Guy : Euh ! Ou le train. Ou alors le bus.

Lucy : Oh mais ! C’est que … c’est qu’il n’y a pas de train à Glenoak. Et … Et les bus ne vont pas jusque dans notre coin.

Guy : On peut prendre un taxi.

Mary : Ah ! Un taxi ? Mais ça revient cher.

Guy : Ca, ça ne pose pas de problème.

Lucy : Aller en taxi, jusqu’au billard ?

Guy : Oui, vous êtes contre ?

Mary : On n’en a pris qu’une seule fois. C’était le jour où on a visité New York avec nos parents. Un super souvenir !

Guy : Raison de plus pour dire oui.

Lucy : Ah, c’est d’accord. Je monte me changer.

LUCY PART.

Guy : Franchement, moi, j’aurai préféré qu’on ne soit que tous les deux.

Mary : Oui, c’est mieux à deux, mais on ne peut pas abandonner Lucy comme ça. Peut-être demain soir.

Guy : Oui, demain soir, alors, j’attendrai demain soir avec impatience, tu peux le croire.

LUCY PARLE À ANNIE.

Lucy (ravie) : Ah, maman ! Guy et moi, on va au billard ce soir … Ah oui ! Et Mary va avec nous aussi.

Annie : Hm, vous sortez ? Et comment vous irez en ville ?

Lucy : Guy m’a dit qu’il paierait un taxi, tu te rends compte ?

Annie : Euh, un taxi, non. Je peux demander à votre père de rentrer travailler ici et de vous ramener la voiture.

Lucy : Oh non, non, non ! Ce ne sera pas aussi bien. En plus de ça, si papa rentre maintenant et qu’on lui dit qu’on va aller tous les trois au billard, il viendra aussi et la soirée tombera à l’eau. J’ai pas raison, maman ?

Annie : Ah bien sûr ! Ca gâcherait tout. Où avais-je la tête ? Et Guy tient vraiment à … à ce taxi ?

Lucy : Ah oui, il peut se le permettre.

Annie : Eh ben ! Il en a de la chance. Alors c’est entendu, mais vous rentrez à la maison pour 10 heures.

Lucy : Oh non ! Si on rentre à 10 heures, ce n’est pas la peine qu’on y aille, en ville  Guy va croire que je suis un bébé.

Annie : Peu importe ce qu’il pense, tu rentres à la maison pour 10 heures.

Lucy : T’es pas chic !

 

DANS LE BUREAU, SIMON SURFE SUR INTERNET.

Simon (riant) : Ha ! Ha ! Ha ! Ha !

TOUT-A-COUP, ANNIE ARRIVE.

Annie : Qu’est-ce qui te fait rire ?

Simon : C’est rien de mal. Tu peux voir. Je me suis connecté sur Internet et j’ai trouvé un forum de discussion sur un VT.

Annie : Il y a du forums de discussion sur ça ?

Simon : Oui, bien sûr. On trouve des forums sur n’importe quoi.

Annie : Et tu crois que tu en trouverais un sur un sujet un peu plus … euh … je ne sais pas … euh … pratique, je dirais.

Simon : Quel sujet ?

Annie : Attends une seconde. Disons, par exemple, sur des familles qui accueillent de jeunes étudiants venant de l’Etranger.

SIMON FAIT SA RECHERCHE.

Simon : Ouah !

Annie : C’est fou le nombre de renseignements qu’il y a sur ce sujet.

Simon : Eh ! Prends ma place et viens là !

ANNIE S’ASSIED DEVANT L’ORDINATEUR.

Simon : Tu peux réduire le champ en recherchant uniquement les échanges d’étudiants français.

Annie : Hm ! Ca n’a l’air pas mal. Regarde, ils ont un forum, eux aussi.

Simon : Je te l’ai dit, maman. Tu as des forums sur presque tous les sujets … Tiens ! Là, tu peux suivre une discussion, encore.

Annie : Ha ! Ha ! Ha ! Ah, c’est amusant ! Ils sont en train de parler de ce que mangent les Français. Regarde ça ! Ha ! Ha !

EN REGARDANT LE DIALOGUE, ANNIE TROUVE LE PSEUDO « REV.CAMDEN ».

Annie : Oh, attends ! C’est marqué « révérend Camden ». Mais, c’est ton père.

Simon : Ouais, apparemment.

Annie : Ah ! C’est pas vrai. Je vais l’appeler pour lui dire que je suis tombé sur lui à l’écran.

ANNIE ETANT PRETE A TELEPHONER, SIMON L’EN DISSUADE.

Simon : Non, attends. Tu ne peux pas. Tu utilises la ligne pour Internet.

Annie : Ah ?

Simon : Mais tu n’as qu’à mettre un mot sur l’écran si tu veux le contacter. Entre ton nom, d’abord.

ANNIE ENTRE SON PSEUDO AFIN DE CONTACTER ERIC.

Annie (en tapant) : Je croyais que tu travaillais sur ton sermon.

CEPENDANT, À L’EGLISE, ERIC EST SURPRIS.

Eric : Quoi ? Annie ? (En tapant) Salut, Cyber Nana. Bienvenue dans le Vaste Monde du Web.

ANNIE S’ECLATE DE RIRE ;

Simon : Cyber Nana. ?

Annie : Est-ce que je peux lui écrire quelque chose de plus personnel, aussi ?

Simon : Oh, ouais ! Tu lui demandes de passer avec toi dans une boîte aux lettres perso.

SIMON ENTRE L’ADRESSE DE BOÏTE AUX LETTRES.

Simon : Voilà, je lui ai donné l’adresse. Il va te rejoindre.

Annie : Euh ! Qu’est-ce que c’est ?

Simon : Juste une boîte aux lettres ?

Annie : Ah ! Oui ! Merci, Simon. Je voudrais parler à ton père en privé. Tu nous laisses ? Juste quelques minutes.

Simon : Ouais.

SIMON PART.

 

PENDANT CE TEMPS, MARY, LUCY ET GUY SORTENT DU TAXI.

Lucy : J’ai l’impression d’être une vedette et une première.

Mary : Laisse-toi détacher ! On pense que tu fais ça tout le temps.

DEUX JEUNES FILLES REGARDENT MARY ET LUCY EN RIANT.

Lucy : C’est génial ! On est les vedettes ! On nous regarde.

ENSUITE, GUY ET LES DEUX FILLES SE DONNENT LE BRAS.

 

SIMON SURPREND ROSIE EN TRAIN DE FOUILLER LA VALISE DE GUY. IL OUVRE LA PORTE.

Rosie : C’est toi ? Je croyais que j’avais perdu une de mes balles dedans

Simon : C’est ça. Tu le croyais ? Comment elle aurait pu aller se loger dans une valise toute fermée ?

ROSIE SORT DE LA VALISE, UN PAQUET DE CIGARETTES.

Rosie : Hé ! Regarde ! Des cigarettes ?

Simon : Touche pas ! Remets-les en place.

Rosie : Ouais, je peux les ranger ou bien essayer d’en fumer histoire de voir si c’est aussi mauvais que ça ?

Simon : Moi, je serais papa, Je t’obligerais à fumer tout le paquet. Comme ça, tu n’auras plus envie d’en  fumer ensuite.

Rosie : Super. Où il est ?

Simon : Il est retourné à l’église.

Rosie : Où est Matt ? C’est un homme, lui. Il m’obligerait à fumer.

Simon : Il est sorti. Mais moi, je suis là.

Rosie : Ah oui ? Allume z en une pour moi.

Simon : Oh non ! Débrouille-toi toute seule. Si t’as l’âge de fumer, t’as l’âge de les allumer.

Rosie : Toi, t’as le droit de prendre les allumettes, mais pas moi.

Simon : Et tu crois que tu as le droit de fumer des cigarettes, Einstein ?

Rosie : Non. Mais je dois l’apprendre à la manière forte.

Simon : Pourquoi ?

Rosie : Pour que je me le rappelle ensuite.

Simon : Si tu fumes au point de t’en rendre malade, tu t’en souviendras toute ta vie.

Rosie : C’est génial, ça … Tu en prends une juste pour voir ?

SIMON, EMBARRASSE, NE DIT RIEN

 

ANNIE CONTINUE À CHATTER SUR LE NET. IL LIT LE MESSAGE D’ERIC.

Annie : Bien sûr que je me rappelle Seattle au printemps. Comment pourrais-je l’oublier ?

ANNIE REPOND EN ECRIVANT.

Annie : Tu embrassais les gouttes de pluies qui tombaient sur mon visage.

ERIC, A SON TOUR, ECRIT.

Eric : Tu étais si belle avec tes vêtements mouillés qui te collaient au corps et tes cheveux bouclant autour de ton visage.

PENDANT CE TEMPS, DEUX JEUNES GARCONS TOMBENT SUR LA CONVERSATION D’ANNIE ET ERIC.

Garçon : C’est pas croyable ! Ils croient que personne ne peut lire ce qu’ils mettent.

LA MERE ARRIVE.

Mère : Eh ! Dites-moi ! Vous êtes encore connectés sur Internet ?

Garçon : Euh, non, maman, on fait nos devoirs.

Mère : Continue comme ça, alors.

Les deux garçons : Ouais, maman.

Frère du garçon : C’est drôle que le révérend Camden accueille un étudiant français.

Garçon : Il accueille des tas de gens. Pourquoi pas un Français ?

Frère du garçon : Je comprends qu’il ait cinq enfants.

Garçon : Ouais.

 

LUCY VOIT GUY JOUER AU BILLARD.

Lucy : Tu te débrouilles bien … Allez, à mon tour.

ALORS QUE LUCY ETAIT SUR LE POINT DE JOUER, GUY LUI POSE UNE QUESTION.

Guy : Alors, Lucy ? Maintenant, à mon tour de te poser une petite question indiscrète. Qu’est-ce que tu penses des mecs qui essaient de t’embrasser au premier rendez-vous ?

LUCY NE REPOND PAS. MATT ARRIVE AVEC UNE NOUVELLE CONQUETE.EN PASSANT, IL SALUE LE BARMAN.

Matt : Salut.

IL APERCOIT GUY ET SES DEUX GRANDES SŒURS EN TRAIN DE JOUER AU BILLARD.

Matt : Qu’est-ce qu’ils font là ? ... (À Michelle)Viens.

MATT ET MICHELLE S’APPROCHENT D’EUX.

Matt : Guy, les filles, voici Michelle. Michelle, voici Mary … et Lucy … et Guy dont je t’ai parlé. Michelle a fait à séjour à Paris, cet été.

Guy : Ah ? Dans quel arrondissement ?

Michelle : Euh, dans le cinquième.

Guy : Ah ? Vraiment ?

Michelle : Oui.

Guy : Tu aimes bien la Rive Gauche ?

Michelle : Oui, surtout la place Saint-Michel.

Guy : Ah oui, avec sa fontaine. Tu faisais les bouquinistes sur les quais ?

Michelle : Oui, j’adorais ça.

 

SIMON ET ROSIE SONT DANS LA SALLE DE BAIN. ILS ONT UN MALAISE.

Simon : Oh ! Je ne comprends pas que des gens puissent réussir à  fumer tout un paquet de ces trucs-là. C’est pas humain de fumer un paquet jour après jour, année après année. Je sens que je vais vomir.

Rosie : Moi aussi. Pourquoi tu m’as obligée de fumer ? La cigarette, ça donne le cancer, non.

Simon : C’est toi qui m’as poussé à fumer, je te rappelle.

Rosie : Tu crois que papa et maman vont accepter de te croire ? Je suis malade. Beuh.

A CE MOMENT-LA, HAPPY GRATTE LA PORTE. SIMON OUVRE À HAPPY.

Simon : Tu devrais ramener vite maman.

Rosie : Vas-y, Happy. Vas la chercher.

Simon : Je suis trop jeune pour être un papa. Oh !

HAPPY VA CHERCHER ANNIE QUI  CHATTE ENCORE SUR LE NET.

Annie : Alors.

HAPPY ARRIVA DANS LE BUREAU. ANNIE LA REGARDE.

Annie : Je suis restée combien de temps là-dessus ? Ouh.

HAPPY ESSAIE D’APPELER ANNIE POUR QU’ELLE VIENNE DANS LA SALLE DE BAIN.

Annie : Oui ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

ANNIE SUIT HAPPY JUSQUE DANS LA SALLE DE BAIN. ELLE ENTRE.

Annie : Mais qu’est-ce qui vous arrive ? Qu’est-ce que ça sent ? Mais ça sent le tabac.

Rosie : Simon m’a obligé à fumer.

Simon : Oh, non, je ne voulais pas. C’est son idée.

Annie : Oh bien sûr. Ta petite sœur de six ans t’a poussé à fumer des cigarettes.

Rosie : Il croyait que c’est ce que papa aurait fait. Mais c’était bête.

ANNIE APERCOIT LE PAQUET DE CIGARETTE VIDE.

Annie : C’est sûrement à Guy.

Simon : En fouillant sa valise, Rosie a trouvé ça.

Annie : Et pourquoi tu fouillais dans les affaires de Guy ?

Rosie : Je sais rien. Je suis trop malade pour me le  rappeler.

Annie : Bon. Vous allez vous coucher. Ce sera passé demain matin et on règlera cette histoire … Allez, debout.

ROSIE SE LEVE.

Simon : Et moi, maman ? Je suis malade, moi aussi ? C’est sa faute.

Annie : Comment est-ce que tu as pu donner des cigarettes à une enfant de six ans ? Je n’aurais jamais cru ça de toi.

HAPPY LUI LECHE LE VISAGE.

 

GUY DISCUTA AVEC MICHELLE. MARY, LUCY ET MATT DECIDENT DE RENTRER A LA MAISON.

Guy : Quel café tu fréquentais ?

Michelle : Ah ! Les Deux Magots et puis le Select.

Guy : Ah oui ? Tous les cafés littéraires.

Michelle : Oh oui ! Et la Coupole, bien sûr.

Guy : Et là-bas, on ne boit pas de milk-shake.

Michelle (riant) : Ha ! Ha !

Mary : Bon, moi, j’en ai assez, je rentre.

Lucy : Oui, et moi aussi.

Mary (à Matt) : Et toi ?

Matt : Non, on rentre en taxi ensemble.

Guy : Euh, Matt, Tu veux bien les reconduire pour moi ? Je me charge de Michelle.

Michelle : Oui, vas-y, ne n’inquiète pas pour moi. Je suis contente de parler un peu de Paris, tu sais.

Matt : Oui, j’ai remarqué. C’est bon, on rentre.

TANDIS QUE MATT, LUCY ET MARY PARTENT, GUY ET MICHELLE CONTINUENT À SE PARLER.

Guy : Et tu as visité le musée du Louvre ?

Michelle : Oui.

 

A L’EGLISE, ERIC EST DEVANT SON PORTABLE.

Eric (lisant) : Je veux parler de celui qui se met à nu devant moi, révérend.

PUIS IL AJOUTE EN ECRIVANT.

Eric : Si tu n’étais pas ma femme, tu me ferais affreusement rougir.

UN DES DEUX GARCONS SE SERVENT DU PSEUDONYME D’ANNIE POUR ENTRER DANS LA DISCUSSION.

Frère du garçon : Vas-y. Marque-lui ça ! Tu sais que je suis folle de toi. Avec toi, c’est torride, si torride que je viens de penser à … un petit surnom.

Garçon : Révérend Spice Boy ?

Frère du garçon : Ouais

Eric : Révérend Spice Boy ? J’aime assez.

 

MATT, MARY ET LUCY RENTRENT À LA MAISON.

Annie (A Mary et Lucy) : Vous rentrez tard, toutes les deux. (A Matt) Et toi, tu rentres drôlement tôt. Et où est Guy ? J’ai quelque chose à lui dire ?

Matt : Il est resté au billard avec Michelle.

Lucy : Oui, mais Michelle faisait de l’œil à mon Guy.

Mary : Euh, c’est pas ton Guy. Lui ne voulait pas de toi et tu t’es incrustée avec nous.

Annie : Une seconde ! Aucune de vous est sensée sortir avec quelqu’un qui vit chez nous

ANNIE VA DANS LE BUREAU ET ECRIT A ERIC.

Annie : Lève le nez de cet écran et appelle-moi. Nous avons un problème.

 

AU CAFE, GUY EST AVEC MICHELLE.

Guy : Quelle barbe, hein !

A CE MOMENT-LA, ERIC ARRIVE.

Eric : Guy, il faut qu’on parle tous les deux.

ERIC LUI MONTRE LE PAQUET DE CIGARETTE.

Guy : Mais qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ?

Eric : Tu pourrais me dire comment vos deux  benjamins ont eu accès à tes cigarettes.

Guy : Hé, attendez ! Je ne leur en ai jamais donné ça. Je suppose qu’ils ont fouillé dans mon sac. Je ne pouvais pas le prévoir. Si j’avais pensé que … que quelqu’un s’amuserait à fouiller dans mes affaires personnelles, j’aurais mis mon paquet ailleurs. Je n’ai pas du tout pensé que vos enfants viendraient me piquer.

Eric : C’est d’accord. Les petits ont tort de fouiller ton sac.

Guy : Et de prendre le paquet de cigarettes.

Eric : Et de prendre les cigarettes. Mais ça dit, personne ne fume à mon domicile.

Guy : C’est entendu.

Eric : Bon.

Guy : Vous savez, beaucoup de gens fument en Europe. Mais depuis que je suis arrivé dans votre pays, je m’efforce de stopper. Mais c’est dur. On est accro.

Eric : Oui, je sais, mais ...

Guy : Les sociétés qui commercialisent ce poison sévissent depuis longtemps en France. Nous sommes un pays de gros fumeurs. Nous sommes victimes de ces grandes compagnies

Eric : Oui, sans doute …

Guy : Mais en France, c’est quasiment impossible d’arrêter de fumer. Les gens sont accros. Ca passe de génération en génération. En fait, je porte un patch. Je peux vous le montrer.

Eric : Oui, je te crois. Et puis d’ailleurs, assez ! Mettons de côté, une minute la question du tabac, parce qu’il y a … il y a autre chose que je crains plus, beaucoup plus.

Guy : Allez-y, je vous écoute.

Eric : Mais …

Guy : Euh, c’est ma dernière. C’est juré.

Eric : Voilà. Selon ma femme, Mary et Lucy croient que tu t’intéresses à elles. Que tu t’intéresses vraiment à elles.

Guy : Moi ?

Eric : Ouais.

Guy : Ouais, c’est un malentendu. Dieu a nos différences culturelles. Il arrive de temps en temps que les filles se méprennent. En France, on adore faire des compliments aux femmes, parce qu’on les aime. On est tout aussi accro aux filles qu’on peut l’être aux cigarettes.

Eric : Oui, je … je comprends ce que tu veux dire. Seulement, je me demande où ça nous mène, tout ça ?

Guy : J’ai une petite amie en France. On s’entend bien et on sort ensemble depuis trois ans. On est trop jeune pour s’engager. J’avais espéré obtenir un petit conseil de Mary et de Lucy, c’est tout. Elles sont toutes les deux jolies et intelligentes, ravissantes, tellement pleines de vie, comme leur mère. Ca, c’est une femme ! Et Matt … Matt a un goût sûr en ce qui concerne les filles. En plus, c’est quelqu’un qui fait confiance aux gens. C’est sans doute pour ça qu’il a insisté pour que sa copine reste avec moi pour parler de Paris. A sa place, j’aurais été trop jaloux pour accepter ça. Mais Matt ? Non, non. Comment il pourrait manquer de confiance en lui avec un père aussi solide que vous ? Vous direz à Matt que je l’ai faite raccompagner en taxi.

Eric : Ouais, je lui dirais.

Guy : Ca m’a fait plaisir de parler un peu de Paris avec une personne qui y a vécu durant deux mois. Je m’ennuie de chez moi, je crois. Il y a déjà un mois que je suis parti et c’est dur. Matt a dû le sentir. C’est quelqu’un de bien, vraiment. Je me demandais … si vous n’êtes pas trop pressé de rentrer. On pourrait se faire un petit billard, vous et moi.

Eric : Oui, si tu veux.

 

ANNIE ET ERIC SONT DANS LA CHAMBRE.

Annie : Il se colle des patchs, tu as gobé ça, toi ?

Eric : Tu penses qu’il aurait raconté des histoires ?

Annie : Qu’il me le montre et je le crois !

Eric : Il voudrait réellement arrêter. Il se sent dépendant. Il pense que c’est un peu la faute des fabricants de cigarettes.

Annie : Ah mais ! Il fume une marque française. Ils ont aussi des fabriques en France. Je sais que tu espérais que le séjour de Guy se passerait sans heurt, mais ce garçon m’a l’air d’un drôle d’oiseau et personnellement, je suis loin d’être rassurée de penser qu’on héberge un tel numéro sous le même toit que nos deux filles.

Eric : Quand j’aurais dit à Lucy et Mary que Guy  a une petite amie en France, je pense que tout se tassera.

ROSIE ET SIMON ARRIVENT.

Rosie : On va se débarrasser du sale pou.

Eric : Insulter notre invité, ce n’est pas une façon d’améliorer les relations internationales.

Simon : Et tu espères un rapprochement entre la France et nous. Tu aimerais qu’on se montre au  plus gentil, qu’on l’aide

Rosie : Pas question. Entre lui et nous, c’est la guerre. Terminé.

Eric : C’est sans appel ? J’ai su que tous les deux, vous aviez fouillé son sac, voler ses cigarettes pour les fumer.

Rosie : Qui est-ce qui t’a dit ça ?

ROSIE ET SIMON SE REGARDENT.

Rosie : Oops !

Eric : Très bien. Je veux que vous lui présentiez des excuses et je vous interdis de …

Annie : Terminée, la cigarette ! Avis !

Eric : Avis !

Rosie : Tu peux voir que mon plan a marché.

Simon : Tu entends ? Tu vois que c’est elle ?

Annie : Elle a six ans.

LUCY ET MARY ARRIVENT.

Lucy : Hm ! Quand est-ce que vous le mettez dehors, ce type ?

Rosie : On doit rapprocher plus la France de nous, d’abord.

Eric : Vous êtes sûr que vous n’avez pas provoqué un peu les choses, hier ? Est-ce que … vous êtes bien sûr que vous n’avez pas imaginé que vous l’intéressiez d’aussi près ?

Mary : Il a sorti le grand jeu avec le coup du taxi. Comment t’interprètes ça, toi ?

Annie : Si vous gardez vos distances avec lui, vous n’aurez plus ce genre de déboire, vous ne croyez pas ?

Mary : Ca me va on ne peut mieux.

Lucy : A moi, aussi. Qu’il reparte sur son continent et qu’on ne me parle plus de ce rat.

Mary : On l’a assez vu.

MATT ARRIVE.

Matt : Si je croise encore ce mangeur de grenouille, je jure que je l’assomme.

Eric : Vous êtes tous contre moi, ou quoi ? Je … Je … Dites-moi, je … je suis le seul ici à vouloir comprendre ce garçon et améliorer nos rapport ? Je suis le seul à vouloir que … cette expérience nous apporte quelque chose ? Une plus grande ouverture sur le monde extérieur ?

Les 5 enfants : Oui.

ENFIN, GUY ARRIVE.

Guy : C’est bon. Inutile d’en dire plus. Je préfère partir d’ici.

GUY S’EN VA. ERIC ET ANNIE SE SENTENT DANS LE VIDE.

Eric : Je vous écoute. Lequel d’entre vous va s’excuser en premier, j’attends ?

PERSONNE NE REPOND.

Eric : Dans ce cas, on procédera par ordre de taille. Rosie.

Annie : Allez !

Rosie : Hm !

Simon : Je vais la surveiller. Elle a parfois une façon de s’excuser un peu trop personnelle

SIMON ET ROSIE VONT CHEZ GUY.

Rosie : Tu veux un coup de main ?

Simon : Euh, pour défaire ton sac ? Ne te sens pas obligé de partir ! Ce serait idiot. Tu arrives à peine …

Guy : C’est juste. Mais là, ça déborde.

Rosie : Bon, au revoir.

Simon : Si tu veux t’excuser, il vaudrait mieux que, surtout, tu ne dises rien … On est désolé. On a eu tort de fouiller dans ton sac. Jamais on aurait dû faire ça.

Guy : Et pourtant, vous l’avez fait.

Simon : On regrette. C’est pas joli. On a été puni dès hier soir et … on te le jure. On ne touchera plus à ton sac. Et honnêtement, on veut que tu restes et que tu nous parles plus de toi et aussi de la façon dont on vit en France.

Guy : Les choses sont plus simples chez nous. Je m’ennuie de chez moi. Et c’est pour ça que je rentre.

Simon : C’est à cause de ça que tu t’en vas ? C’est pas à cause de nous ?

Guy : Mais non, pas du tout. Est-ce que je peux finir mon sac ?

Simon : On te laisse. Bon. Alors, salut.

SIMON ET ROSIE S’EN VONT. LUCY ET MARY ARRIVENT.

Mary : Guy, on est désolé pour hier soir.

Lucy : Oui, c’est notre faute. On s’est fait des idées sur toi.

Mary : Ah ! Ca devait se terminer de cette façon.

Lucy : Reste avec nous !

Guy : Non, c’est trop dur. Oui, j’ai ma copine en France. Et elle me manque vraiment parce que c’est la première fois qu’on doit se séparer plus d’un jour. Quand on se retrouve, on se sent à chaque fois plus amoureux.

Lucy : C’est tellement romantique.

Mary : Tu peux très bien lui téléphoner ou … ou tu peux écrire. Et dans deux semaines, tu repartiras,  tu ne crois pas que tu peux tenir ?

Guy : Mais je lui ai téléphonée et on s’est parlée et … et je lui ai même envoyé des lettres. Une par jour. Mais là, je ne crains qu’elle me manque trop. Et je veux rentrer.

Lucy : Est-ce que tu nous enverras une petite carte une fois en France ?

Guy : Ca va de soi. On va rester en contact. Je vous écrirai. Je n’oublierai pas Glenoak.

LUCY ET MARY S’EN VONT. MATT ARRIVE.

Matt : Un bon voyage !

Guy : Ouais, c’est ça. Au revoir.

Matt : Bonjour chez toi !

MATT S’EN VA. ERIC ET ANNIE ARRIVENT.

Eric : Guy ! On pourra refaire un essai. Attends quelques jours. Les enfants veulent que tu restes avec nous. Annie et moi, on veut que tu restes

Annie : Euh, oui, ne … ne partez pas ! Ah, j’ai suivi un cours de cuisine française, je … je pourrais vous préparer des crêpes Suzette.

Guy : Vous êtes très gentils, vraiment. Ca me va droit au cœur. Mais je veux rentrer. J’ai un peu le mal du pays et je veux revoir ma famille. En fait, tant qu’à suivre des cours d’été, que ce soit au milieu de gens que j’aime et aussi dans une ville que j’aime.

Annie : Euh, oui.

Eric : Ouais … Bon, je … je n’insiste pas. Je … je te conduis à l’aéroport.

Guy : Merci. On y va.

GUY OUVRE LA PORTE ET MARMONNE.

Guy : Quelle bande de ploucs !

Les 7 ensemble : On a entendu.

 

APRES LE DEPART DE GUY …

Annie : Ca te plairait une petite sucrerie ?

Eric : Tu lis dans mes pensées ?

Annie : hm ! C’est un de mes dons … Tu es préoccupé ?

Eric : Guy sera bientôt chez lui, maintenant.

Annie : Il te manque, hm ?

Eric : C’est étrange ! C’est étonnant, la manière dont les choses ont mal tourné.

Annie : Ah ! J’ai du mal à te croire qu’un pays ayant une culture aussi riche que la France, une nation qui nous a donné le vin, la grande cuisine, Monet, Molière, Deneuve, Depardieu, la Statue de la Liberté. Est aussi produit Guy.

Eric : Quand même, tu aimais bien quelque chose en lui ?

Annie : Oui, son ordinateur portable.

Eric : Ouais, SpiceBoy l’a autant apprécié que toi ?

ANNIE RIT.

Eric : Malgré tout, moi je regrette que personne n’ait pu retiré quelque chose de … positif de notre expérience que personne n’ait découvert, d’autres horizons du fait que Guy soit venu parmi nous

ENCORE LES DEUX JEUNES GARCON QUI CHATTENT SUR LE NET.

Garçon : Zut ! Spiceboy doit s’être mis à travailler son sermon.

Frère du garçon : Ouais, mais on verra l’église autrement, maintenant.

Garçon : Ouais, vive la France !

ANNIE ET ERIC S’EMBRASSENT.

 
     

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