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6.18 "La bague au doigt"



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Script 209

2.09 : JE TE DETESTE

 

ERIC ET SIMON SONT DANS LA VOITURE. ILS RENDENT VISITE À UNE PAROISSIENNE, Mme CHARLOTTE KERJESZ.

SIMON : Tu devais bien être en train de faire quelque chose quand Kennedy a été tué.

ERIC : Bien sûr. Oui, j’étais chez le dentiste.

SIMON : Pour te faire arracher une molaire, te faire soigner une carie ou te faire mettre une fausse dent ?

ERIC : Ben … j’étais enfant, je suis allé me faire détartrer les dents. D’ailleurs, je les ai encore aujourd’hui. (Simon prend un air embarrassé) Qu’est-ce qu’il y a ?

SIMON : Je vais devoir me présenter devant toute la classe et parler. Et si tu ne me donnes rien, je vais leur raconter quoi ?

ERIC : Euh … dis-leur que j’ai encore les mêmes dents.

SIMON (embarrassé) : Oooh ! Ce n’est pas vrai.

ERIC : D’ailleurs, t’aurais pu choisir un autre événement historique, non ?

SIMON : Qu’y a-t-il de plus historique que le moment où JFK a été tué ?

ERIC : Euh …

SIMON : C’est ce qu’il y a de plus génial à poser, quoi, comme question. Et j’ai inventé ça.

ERIC : Ca a déjà été fait, Simon.

SIMON : Pas par quelqu’un de ma classe.

LA VOITURE S’ARRETE DEVANT LA MAISON DE Mme KERJESZ.

SIMON : Je crois que je vais t’attendre dans la voiture, vu que c’est un truc d’église.

ERIC : Eh bien, Mme Kerjesz ne va pas à notre église. Alors, ce n’est pas une affaire d’église, c’est une affaire de bon voisinage. Et tu vas venir avec moi.

SIMON : Papa, elle me donne toujours des trucs dont je ne veux pas. La dernière fois, j’ai eu droit à une pelote de ficelle.

ERIC : C’est toujours utile, une pelote de ficelle. Allez, viens.

ERIC ET SIMON SORTENT DE LA VOITURE.

SIMON : C’est dur à tout garder.

ERIC : Ce n’est pas une mauvaise chose d’éviter le gaspillage. Moi, je trouve que c’est plutôt une qualité.

ERIC SONNE ET FRAPPE À LA PORTE. Mme KERJESZ L’OUVRE.

ERIC : Oh ! Excusez-moi. Je n’étais pas sûr que vous ayez entendu la sonnette.

CHARLOTTE : Oh ! Ce n’est pas grave. Je me trouvais à l’arrière de la maison. Entrez … Simon, comment vas-tu ?

ILS ENTRENT. Mme KERJESZ FERME LA PORTE.

CHARLOTTE (en les amenant au salon) : Venez, entrez.

ERIC : Ouais (tout bas) … Alors, en quoi puis-je vous aider, Mme Kerjesz ?

CHARLOTTE : Je voulais vous demander un petit service. Ce mercredi, vous serait-il possible de nous conduire, mon ami et moi, au grand marché en plein air ? Le charmant monsieur qui nous y conduit d’habitude a été amené à l’hôpital pour une petite intervention.

ERIC : Oh oui, je serai ravi de le faire.

CHARLOTTE : Oh bien sûr, je n’ai pas voulu vous faire venir uniquement pour vous demander un service. (Puis, elle ajoute en souriant) J’ai quelque chose pour le petit. Il se fait que j’achète une certaine marque de céréales qui offre comme cadeau, une nouvelle bague à éclair rouge.

SIMON : Ah ! J’adore les éclairs rouges.

CHARLOTTE (en souriant) : Je le sais. Tu me l’as dit une fois et je n’ai pas oublié. J’ai gardé les bonus Top Plus pour que tu puisses la commander.

ERIC : Qu’est-ce que t’en penses ? C’est gentil. Les éclairs rouges.

SIMON : Cool ! Totalement cool !

Mme KERJESZ SE LEVE, SIMON LA SUIT.

CHARLOTTE : J’ai mis les bonus Top Plus quelque part. Ah oui ! Voilà, ils sont ici.

DES QU’ELLE PREND L’ENVELOPPE, SIMON APERCOIT DES NUMEROS SUR LE BRAS DE CELLE-CI.

CHARLOTTE (en lui donnant l’enveloppe) : Il y en a deux. Et vous devez partir, maintenant. Vous avez des choses à faire et … et moi aussi.

ET Mme KERJESZ FAIT SORTIR IMMEDIATEMENT ERIC ET SIMON DE SA MAISON. ELLE S’ETAIT RENDU COMPTE QUE SIMON AVAIT OBSERVE SON TATOUAGE.

ERIC : Alors, à mercredi ? A quelle heure ?

CHARLOTTE : A … à midi, ça ira. Au revoir.

AUSSITÔT QU’ELLE FERME LA PORTE. ERIC EST INTRIGUE PAR SON COMPORTEMENT.

ERIC : Mme Kerjesz avait l’air assez pressée de nous voir partir.

SIMON : Ouais, ça, tu l’as dit.

ERIC : Je me demande bien pourquoi.

SIMON : Je ne sais pas. Ca a peut-être à voir avec son numéro sur le bras.

ERIC : Quels numéros ?

SIMON : Tu sais, il était à cette hauteur. Je me demande pourquoi elle a un tatouage. Et en plus, un tatouage comme ça.

ERIC : Oui ? Eh ben, on en parlera à la maison.


 


 

GENERIQUE


 


 

LE SOIR A LA MAISON, ERIC MONTRE A SIMON, DES PHOTOS SUR HITLER ET L’HOLOCAUSTE.

SIMON : Mais comment Hitler a-t-il amené tout le monde à haïr les Juifs ?

ERIC : Il y avait des tas de problèmes en Allemagne, à cette époque. Et Hitler a incité tout le monde à haïr les Juifs en les rendant responsables de tout ce qui n’allait pas. Les gens avaient faim, c’était de la faute des Juifs. Les gens étaient pauvres et n’avaient pas de travail, c’était encore la faute des Juifs.

SIMON : Pourquoi tous ces gens ont bien voulu le croire ?

ERIC : Il est plus facile d’accuser les autres que de prendre ses propres responsabilités. Hitler entreprit la campagne de la propagande des plus efficaces qu’il n’y ait jamais été organisée. Il a convaincu son peuple qu’il y avait comme une sorte de lutte impitoyable entre toutes les races du monde, que les Juifs étaient en train d’essayer d’imposer leur domination sur les autres et qu’ils devaient être éliminés.

SIMON : Tu veux dire « tuer » ?

ERIC : Ouais. Son intention était de faire disparaître de la terre, tous les gens d’origine juive. Il y avait aussi d’autres personnes dans les camps de concentration, qu’il considérait comme des ennemis de l’Allemagne : des Tsiganes, des Serbes, des intellectuels polonais, des mendiants, des homosexuels, des témoins de Jéhovah ou toute personne opposée au Nazisme. Et il décida que tous ces êtres devaient disparaître. Six millions de Juifs moururent, soit gazés, soit fusillés ou affamés.

SIMON : Ce n’est pas croyable, ça … Et comment Hitler est mort ?

ERIC : Quand il a vu que l’Allemagne a été vaincu, il se suicida. On arrosa son corps d’essence et on y mit le feu. Il disparut comme les centaines de milliers de gens qu’il avait fait tuer.

SIMON : Pourquoi personne ne l’a arrêté plus tôt ? Pourquoi tous les pays du monde ne sont pas venus à la rescousse de ces pauvres gens ? Pourquoi personne n’a rien fait pour les sauver ?

ERIC : C’est une très bonne question, Simon. Personne dans le monde ne voulait croire ça. Ils n’ont pas voulu croire qu’une chose aussi horrible les désistait parce qu’ils se seraient sentis trop coupables de ne pas avoir su intervenir, que ce soit par peur des représailles, par impuissance ou résignation, parce que c’est pire. Ca leur aurait été égal.

SIMON : Tu ne savais pas que Mme Kerjesz avait été internée dans les camps ?

ERIC : Disons que, il y a eu des moments où je me suis douté de ce genre de chose.

SIMON : Comment ça se fait que tu ne lui en aies pas parlé ?

ERIC : Oh ! Ce n’était pas à moi d’aborder le sujet. Si elle voulait que je le sache, elle aurait bien trouvé un moyen de me le faire savoir. Ca a dû être une expérience vraiment horrible. Beaucoup de survivants ont perdu tous les membres de leur famille dans ces camps.

SIMON : Mais peut-être que ça lui ferait du bien de parler de ça.

ERIC : Non, non … Non ! Je sais à quoi tu es en train de penser, mais tu ne vas pas lui demander ça à cette dame pour faire un exposé d’histoire à ton école.

SIMON : Mais si elle veut bien le faire ?

ERIC : Je te le dis et pour la dernière fois j’espère, si elle l’avait voulu, elle l’aurait fait. Alors, tu peux discuter de ça tant que tu veux avec moi, mais pas avec Mme Kerjesz.

SIMON : Et si jamais elle en parle ?

ERIC : Elle ne t’en parlera pas. C’est pour ça qu’elle nous a congédiés aussi vite. Passons à autre chose, Simon.

ANNIE FRAPPE A LEUR PORTE ET ARRIVE.

SIMON : Maman ! Qu’est-ce que tu faisais quand JFK a été tué ?

ANNIE : J’étais au supermarché avec ma mère.

ANNIE S’EN VA. SIMON EST EMBARRASSE.


 

ANNIE ARRIVE AU SALON OU MARY ET LUCY ATTENDENT JOANNE, LA PETITE AMIE DE MATT, DANS LE BUT DE L’OBSERVER.

MATT : Maman, tu peux leur dire de s’en aller ? Elles restent ici rien que pour mater Joanne.

ANNIE : Eh bien, j’aimerais bien voir à quoi elle ressemble, moi aussi. (Matt soupire)

MATT : Pourquoi tout le monde veut la voir ? Pourquoi c’est si important ?

MARY : C’est votre troisième sortie. Ca, c’est important.

LUCY : C’est aussi la première fille que tu fréquentes depuis que tu n’es plus avec Heather. Et c’est important, ça aussi. Et si tu l’aimes, c’est encore plus important que tout le reste.

ERIC ET SIMON ARRIVENT EN PLEIN MILIEU DE LA DISCUSSION.

ERIC (à Matt) : Mais enfin, qui tu aimes ?

SIMON : Joanne. (Rosie arrive également)

ROSIE : Mais qu’est-ce qu’on va faire ?

ANNIE : On va tous aller à l’étage et laisser Matt un petit peu tranquille. Voilà ce qu’on va faire.

LES ENFANTS CAMDEN, SAUF MATT, MONTENT À L’ETAGE.

ANNIE (à Eric) : Toi aussi, papa.

ERIC : Ha ! (à Matt) Passe une bonne soirée.


 

SIMON ENTRE DANS SA CHAMBRE AVEC HAPPY. DES DESSINS SONT REPRODUITS SUR LES MURS ET LES PORTE DE CETTE PIECE. IL S’EN APERCOIT.

SIMON (à Happy) : Accroche-toi à tes poils ! Maman risque de sauter au plafond.


 

MARY ET LUCY SONT DANS LEUR CHAMBRE AVEC ROSIE. ELLES ENTENDENT QUELQU’UN SONNER À LA PORTE.

LUCY : Oh ! Quelle surprise ! Elle arrive juste à l’heure.

ROSIE : Quelle surprise !

MARY : Je crois que j’ai une idée géniale. Rosie, ça ne te ferait pas plaisir de voir sa petite amie ?

ROSIE : Si.

MARY : Alors, pourquoi tu ne descendrais pas au salon ? Tu ferais semblant de chercher quelque chose, ensuite, Lucy et moi, on descendrait pour te ramener.

ROSIE : Mais … de chercher quoi ?

MARY : Et pourquoi pas Hoowie ?

ROSIE : Très bien.

ROSIE SE LEVE ET DESCEND.

LUCY : Il faut l’avouer, hein. C’était une brillante idée.

MARY : Eh oui. (Agitations)

MARY ET LUCY (en criant) : Wouh !


 

JOANNE S’INSTALLE DANS LE SALON AVEC MATT, LORSQUE SOUDAIN ROSIE ARRIVE. MATT POUSSE UN ENORME SOUPIR.

JOANNE : Et qui c’est, ça ?

MATT : Oh ! Il se pourrait que ce soit mon agaçante petite sœur, Rosie. Elle devrait être dans sa chambre, d’ailleurs.

ROSIE : Je suis venue chercher Hoowie. (Matt soupire)

JOANNE : Hoowie ?

MATT : Oh ! C’est une longue histoire, ne rentrons pas là-dedans.

JOANNE : Hum ! Hum !

MARY ET LUCY ARRIVENT À LEUR TOUR.

MARY : Désolées du dérangement, on vient juste vous débarrasser d’elle.

ROSIE : Mais c’est vous qui m’avez envoyée.

MARY ET LUCY SE REGARDENT. JOANNE SE PRESENTE A ELLES.

JOANNE : Bonsoir. Je suis Joanne. Vous devez être ses deux sœurs ?

LUCY : Je suis Lucy.

MARY : Mary.

JOANNE : Ravie de vous connaître.

ROSIE : Et moi, on m’oublie ?

JOANNE : Mais je suis ravie de te connaître, toi aussi.

MATT : Oui, oui. Ben, maintenant, tout le monde dégage, hein.

JOANNE : Matt, peut-être qu’elles aimerait faire une ballade avec nous. Mon père m’a réparé une vieille Mustang. Vous voulez la voir ?

MATT : Non, pas elles. Mais moi, j’aimerais bien. Bonne nuit.

JOANNE : Aaah ! Eh ben, peut-être une autre fois. Bonne nuit.

MATT ET JOANNE QUITTENT LA MAISON.

MARY : Je la déteste.

LUCY : Je la déteste.

ROSIE : Je la déteste.

MARY (imitant Joanne) : Peut-être qu’une autrefois, je pourrais vous montrer ma super petite voiture. Oh ! Elle est si spéciale. Et moi, je suis si spéciale

LUCY (imitant Joanne) : Bonne nuit ! Bonne nuit ! Ha ! Ha !

TOUT À COUP, ANNIE VIENT CHERCHER ROSIE POUR LA GRONDER.

ANNIE (d’un ton sec) : J’aimerais que tu montes dans ta chambre avec moi, maintenant.

MARY : Ca doit être très grave. Elle n’a même pas remarqué qu’on était là.

LA-DESSUS, ANNIE SE RETOURNE.

ANNIE : Je m’occuperai de vous, plus tard.

ANNIE ET ROSIE MONTENT DANS LA CHAMBRE. ELLES APERCOIVENT SIMON QUI FAIT LA GRIMACE

ROSIE (à Simon) : Tu l’as dit ?

ANNIE FAIT SIGNE À SIMON DE S’EN ALLER.

SIMON : Comme si personne n’allait le remarquer.

IL S’EN VA. ANNIE FERME LA PORTE.

ANNIE : Qu’est-ce que tu essaies de faire, ici ?

ROSIE : J’essaie de faire un dessin journal comme celui qu’on a fait à l’école.

ANNIE : Je crois que tu veux dire « mural ».

ROSIE REPOND OUI EN RIANT.

ANNIE : Quels sont les règles à propos du dessin ?

ROSIE : Pas dessiner sur les murs, sur les meubles, sur les planchers, sur rien sauf sur le papier.

ANNIE : C’est exact. Alors, pourquoi briser la règle si on la connaît, cette règle ?

ROSIE : Je m’embêtais, c’est tout, quoi.

ANNIE : Oui ? Eh bien, tu ne vas pas t’embêter plus longtemps. On va aller prendre un grand seau d’eau et effacer ces gribouillis sur le mur.

ROSIE : Tu crois qu’il le faut ? J’adore ça.

ANNIE : Oui, il le faut. Et je vais te confisquer tes crayons pendant un certain temps. Pas de coloriage, pas de collage, pas de découpage pendant une semaine.

ROSIE : Mais, hé ! Je n’ai pas fait de collage et de découpage. Ce n’est pas juste.

ANNIE : Je crois que c’est parfaitement juste.

ROSIE : Je … je te déteste.

ANNIE, CHOQUEE, QUITTE LA CHAMBRE. ELLE CROISE ERIC DANS LE CORRIDOR.

ERIC : Alors, ça va ?

COMME ANNIE NE REPOND PAS, ERIC LA REGARDE.

ERIC : Ah non, ça n’a pas l’air d’aller du tout. Qu’est-ce qu’il y a ?

ANNIE : Rosie a dit qu’elle me détestait.

ERIC : Je vais lui parler.

ANNIE : Non, non, non, non, s’il te plaît, non. Je vais régler ça toute seule.

ANNIE FAIT OUI DE LA TETE.

ERIC (tout bas) : Hé ouais.


 

LE LENDEMAIN …


 

MATT DEPOSE MARY ET LUCY A L’ENTREE DE L’ECOLE. JOANNE, DANS SA VOITURE, LES APERCOIT.

JOANNE : Salut, les Camden.

JOANNE ET MATT DESCENDENT DE LEUR VOITURE ET S’’EMBRASSENT. A CE MOMENT-LA, MARY ET LUCY LES OBSERVENT.

MARY (à Lucy) : Regarde. Parfaite la coiffure, même en décapotable.

LUCY : Oh ! Elle a probablement aussi les meilleures notes.

MATT ARRIVE ET INTERVIENT DANS LEUR DISCUSSION.

MATT : Tout à fait, elle entre à Harvard, l’an prochain avec une bourse.

MATT S’EN VA. LUCY FAIT DES SIGNES À MARY.

MARY : Ne me parle pas de ça.

MARY ET LUCY SE METTENT À MARCHER. JOANNE LES SUIT.

JOANNE : Hé ! Les Camden. (Rires)

LUCY (en voyant Mary se retourner) : Quoi ? Elle nous regarde ?

MARY : Oui, et elle a probablement une vue excellente.

MARY ET LUCY CONTINUENT DE MARCHER.


 

A L’ECOLE DE SIMON …

SIMON ET TOUTES LES PERSONNES DE SA CLASSE (en levant le doigt) : Mme Kovarski ! Moi ! Moi !

Mme KOVARSKI : Très bien. Larry.

TOUTE LA CLASSE (mécontente) : Oooh !

Mme KOVARSKI : Dis-nous quel est le sujet que tu as choisi.

LARRY : Je demande à mes parents où ils étaient quand le président Kennedy a été tué.

TOUTE LA CLASSE (mécontente) : Oooh !

Mme KOVARSKI : Vote à main levée. Combien d’entre vous ont choisi le même sujet ?

QUELQUES ELEVES LEVENT LE DOIGT, Y COMPRIS SIMON.

Mme KOVARSKI : Simon, tu as autre chose ?

SIMON : Eh bien, je crois que je vais demander à une amie à moi qui s’appelle Mme Kerjesz de bien vouloir parler de ce qui était un camp de concentration.

Mme KOVARSKY (faisant oui de la tête) : Hm ! Hm !

UNE FILLE LEVE LE DOIGT. (SON NOM : ROSALYN)

Mme KOVARSKI : Hm ?

ROSALYN : Ma grand-mère a été dans un de ces camps. Elle avait un numéro sur le bras. Mais je ne l’ai jamais entendu parler de ça parce que j’étais encore petite quand elle est morte.

Mme KOVARSKI : Oui. (Elle voit un doigt levé) Larry ?

LARRY : Mon père dit que ces trucs sont des racontars. Ca n’a pas existé, ce genre de camp.

Mme KOVARSKI : Eh bien, Simon, je pense que c’est vraiment important pour cette classe que tu parles à ton amie et que tu nous racontes son histoire. Si tu peux faire ça, je peux t’assurer que tu auras un A pour ce dernier exposé.

SIMON (après un moment de silence) : Ne vous en faites pas, je lui parlerai.

Mme KOVARSKI : Maintenant, j’aimerais que tout le monde fasse comme Simon et se mette à réfléchir sérieusement sur cette question.


 

SIMON RENTRE DE L’ECOLE. ERIC PREPARE A MANGER.

ERIC : Rassure-toi, il n’est rien arrivé à ta mère.

SIMON : Je sais, j’ai eu la mauvaise nouvelle pour le dîner grâce aux langues de vipère. Elle est en train d’aider Rosie à enlever les gribouillages sur le mur et ce n’est pas de la tarte. (Happy gémit) Rosie est en train de bouder.

SIMON ET HAPPY S’APPRETENT A SORTIR.

ERIC : Vous allez où, tous les deux ?

SIMON : Oh ! Faire un tour.

ERIC : Ah oui ! Je m’en rends compte. Mais où ?

SIMON : On n’a pas de but précis.

ERIC : Aaah !

SIMON ET HAPPY SORTENT DE LA MAISON. ERIC PENSE QUE SIMON SORT POUR ALLER VOIR Mme KERJESZ.


 

ANNIE ET ROSIE SONT EN TRAIN DE NETTOYER LES MURS DE SA CHAMBRE.

ROSIE : Peut-être qu’on pourrait juste laisser ça.

ANNIE : Non. On ne va pas laisser ça sous prétexte que c’est un peu plus dur à enlever.

ROSIE : Mais moi, je n’ai pas le temps de faire ça. Je viens juste de rentrer de l’école. Et il faut que je joue.

ANNIE : Tu joueras quand on aura fini. Et ça m’étonnerait que ça soit aujourd’hui parce que c’est un vrai massacre.

ROSIE : Beh hé ! Pourquoi tu n’as pas nettoyé tout ça pendant que j’étais à l’école ?

ANNIE : Parce que je n’ai pas colorié ce mur.

ROSIE : Mais j’ai dit que j’étais désolée.

ANNIE : Je le sais, mais ce n’est pas ça qui enlève les saletés du mur. D’ailleurs, je crois qu’on a besoin de passer un petit peu plus de temps ensemble

ROSIE : Je trouve moi, qu’on en passe vraiment un peu trop.

ANNIE : Très bien. Quand tu voudras que je t’aide, tu me le feras savoir.

ROSIE JETTE VIOLEMMENT SON EPONGE DANS LE SEAU ET SE MET À BOUDER, ANNIE SORT DE LA PIECE ET CROISE MATT DANS LE CORRIDOR.

MATT : Maman, est-ce que tu vas aider papa pour le dîner ?

ANNIE : Non, je prends une soirée de repos.

MATT : Aaah ! J’espérais que tu l’aiderais vu que Joanne doit venir dîner mais bon … Non, bah ! Elle viendra demain soir, ce sera mieux.

ANNIE : Non, ce soir, ce sera parfait. J’ai tout préparé. Et il n’y a plus qu’à touiller et surveiller les plats. Je garderai un œil sur tout.

MATT PREND ANNIE DANS SES BRAS.

MATT : Aaah ! Merci ! Merci ! Merci ! Merci ! Oh !

ANNIE (après leur étreinte) : Ah !


 

DANS LA SOIREE, SIMON SE PROMENE AVEC HAPPY TOUT AUTOUR DE LA MAISON DE Mme KERJESZ.

SIMON (à Happy) : Hé ! Regarde où on est. C’est la maison de Mme Kerjesz. On devrait aller la voir puisqu’on est dans le coin.

IL APERCOIT Mme KERJESZ EN TRAIN DE REGARDER PAR LA FENETRE. IL N’HESITE PAS A FRAPPER À SA PORTE.

SIMON (en criant) : Mme Kerjesz ? Mme Kerjesz, vous êtes là ?

IL FRAPPE À NOUVEAU À SA PORTE.

SIMON (en criant) : Madame, c’est moi, Simon. Je suis avec mon chien. Je suis venu pour vous remercier pour les bonus. C’est super.

PUIS, IL REGARDE À TRAVERS SA FENETRE.

SIMON (en criant) : Très bien, je vais m’en aller. Mais si vous avez besoin de parler de quelque chose, faites-moi signe. Je suis quelqu’un qui sait écouter. Je pourrais revenir une autre fois. Dans les deux jours qui viennent, je suis disponible.

SIMON, EMBARRASSE, S’ELOIGNE DE LA MAISON.


 

ERIC EST DANS LA CUISINE EN TRAIN DE PREPARER LE DINER. IL S’INQUIETE POUR SIMON. ANNIE ARRIVE.

ERIC (à Annie) : Hé ! J’ai appelé Nigel. Il n’a pas vu Simon, il ne sait pas du tout où il est mais il pense qu’il y a peut-être une fille là-dessous.

ANNIE : J’ai regardé autour de la maison et je ne les ai vus nulle part.

ERIC : (Soupir) Si tu veux bien me relayer, je vais aller faire le tour du quartier.

ANNIE : Oui.

ERIC (en lui donnant la serviette pendue à son épaule) : Ah !

ANNIE : Merci.

ERIC S’EN VA. FINALEMENT, SIMON ET LUI SE RETROUVENT.

SIMON : Salut, papa.

ERIC : Salut, papa ? Je te cherche partout. J’ai téléphoné partout. Où étais-tu passé ?

SIMON : J’étais en train de promener Happy. Je crois qu’on s’est un petit peu trop éloignés.

ERIC : Il fait nuit. Tu sais qu’il faut rentrer avant la nuit ?

SIMON (regardant en l’air) : Je ne me suis pas rendu compte qu’il était si tard. C’est tombé d’un coup.

ERIC : Simon, on était inquiet pour toi. Ne nous refais jamais ça.

SIMON : Ouais, je te le promets.

ERIC : Enfin, je suis rassuré de te voir.

ERIC REGARDE LONGUEMENT SIMON. IL A LE SENTIMENT QUE CE DERNIER LUI CACHE QUELQUE CHOSE.

ERIC : Attends une minute. Tu n’as pas été du côté de chez Mme Kerjesz, par hasard ?

SIMON : Ouais, j’ai … fait un détour par chez elle. Je voulais juste la remercier pour cette … cette histoire de bonus et pour la bague à éclair rouge. Tu sais, elle n’était pas chez elle, de toute façon.

ERIC REGARDE SIMON SANS RIEN LUI DIRE. IL EST CONVAINCU QUE CE DERNIER NE LUI DIT PAS TOUTE LA VERITE.

SIMON : Dis quelque chose.

ERIC : Ne t’inquiète pas, va. J’ai pleins de choses à dire. Viens.

ERIC ET SIMON RENTRENT À LA MAISON.


 

MATT, JOANNE, MARY ET LUCY SONT REUNIS AU SALON. ANNIE ARRIVE.

ANNIE : Bonsoir. Mary, Lucy, si vous voulez bien m’aider à servir le dîner, on pourrait manger un petit peu plus tôt.

MARY ET LUCY SE LEVENT.

MATT : Ca donne quoi, ce dîner, maman ?

ANNIE : Ca m’a l’air très bien.

JOANNE : C’est un plaisir pour moi d’avoir un vrai repas fait maison. Mes parents travaillent, alors, je suis souvent réduite au micro-ondes et à manger toute seule.

APRES AVOIR ECOUTE JOANNE, MARY ET LUCY QUITTE LE SALON ET SE METTENT À LA CRITIQUER.

MARY : Oh ! La pauvre petite ! Elle va toujours manger toute seule.

LUCY : Ah ! Je suis surprise qu’elle sache se servir du micro-ondes.

MARY : Ah ! Celle-là, elle est bonne. (Cris et agitations)


 

ERIC VA CHERCHER SIMON ET ROSIE POUR VENIR DINER.

ERIC : Le dîner est presque prêt, ma chérie. Va te laver les mains.

ROSIE : Je crois que je vais manger dans ma chambre. Merci, papa.

ERIC : Je crois qu’il vaudrait mieux manger avec les autres, mais voilà ce qu’on va faire. Je vais demander à maman et c’est elle qui va décider.

ROSIE : Très bien.

ERIC S’EN VA. SIMON PARLE À ROSIE.

SIMON : Qu’est-ce qui ne va pas ?

ROSIE : Je n’ai pas envie de dîner avec maman.

SIMON (en s’approchant de Rosie) : Pourquoi ?

ROSIE : Parce qu’elle est méchante. Elle m’oblige à laver les murs toute la journée … et toute la soirée.

SIMON : Euh … c’est toi qui as dessiné dessus.

ROSIE : Et alors ? D’habitude, quand je rentre de l’école, j’ai des gâteaux et du lait et là, elle me force vraiment à laver et frotter. Elle est comme la méchante belle-mère qu’il y a dans Cendrillon, sauf qu’elle est plus jolie.

SIMON ESSAIE DE LA RAISONNER.

SIMON : Je vais t’expliquer un truc, ma petite. Voilà comment ça marche avec les parents. Tu fais une bêtise et ils te punissent parce qu’ils t’aiment et qu’ils veulent que ça te serve de leçon. Par exemple, je viens d’apprendre que si je sors encore une fois après la tombée de la nuit pour voir quelqu’un que je ne dois pas voir, je serai privé de sortie jusqu’à ce que je termine le lycée.

ROSIE : Ce n’est pas la même chose. T’as fait quelque chose de mal et tu n’as encore récolté aucune punition. On t’a encore privé de rien du tout.

SIMON : Quand même, j’ai appris quelque chose.

ROSIE : Ouais. Eh ben, j’ai aussi appris un truc. Je déteste maman.

SIMON : Ouais, tu ferais mieux de réfléchir avant d’aller le redire à voix haute. Et puis d’abord, je suis sûr que tu ne le penses pas.

ROSIE : Pourquoi pas ? Mary et Lucy détestent Joanne et elles le penses, elles.


 

DANS LA CUISINE, MARY ET LUCY TROUVENT DES MOTS POUR MEPRISER JOANNE.

LUCY : J’espère que Joanne ne va pas nous faire le coup du sourire pendant tout le dîner. Je ne pourrais plus manger avec l’éclat de ses dents qui m’arrive dans l’œil. Tu crois qu’elles sont fausses ?

MARY : Oh ! Blanchies un max, en tout cas. (Joanne ouvre discrètement la porte et entend la conversation) Et elle s’est sûrement refait faire les seins, le nez. Aucun corps ne peut avoir l’air aussi parfait si on ne fait pas quelque chose. En dessous, ça doit être aussi bidon que les dents.

AU MOMENT OU MARY ET LUCY RIENT AUX ECLATS ET FINISSENT DE PARLER, JOANNE, CHOQUEE, FERME LA PORTE.


 

Mme KERJESZ EST DANS SA MAISON. ELLE REGARDE LE JOURNAL TELEVISE.

LE PRESENTATEUR TELE : Voici les titres du journal de 20 heures. Nouvelles locales : un jeune garçon a été tué alors qu’il acheminait de la drogue pour un revendeur plus âgé. Un homme de quatre-vingt-trois ans a sorti son fusil et a tiré à bout portant sur un livreur pensant qu’il s’agissait d’un voleur. De l’étranger, on apprend ce soir qu’un nouvel attentat suicide a fait des dégâts en Israël. Restez à l’écoute, le KZAB, la chaîne qui vient de recevoir l’oscar de la meilleure nouvelle locale …

EN N’APPRENANT QUE DE MAUVAISES NOUVELLES, Mme KERJESZ S’EFFONDRE.


 

LE LENDEMAIN …


 

ANNIE VA CHERCHER ROSIE QUI PASSE TOUT SON TEMPS DANS SA CHAMBRE.

ANNIE : Chérie, tout le monde t’attend pour aller à l’école. Pourquoi t’es encore en pyjama ?

ROSIE : Je suis malade.

ANNIE TATE SON FRONT.

ANNIE : Tu n’as pas l’air d’avoir de la fièvre. Qu’est-ce que tu as ?

ROSIE : Mes bras me font vraiment mal. Je crois que c’est à force d’avoir frotté ce truc sur le mur.

ANNIE : Je vois. Oui ? Eh bien, ça pourrait être ça.

ROSIE : Peut-être que tu devrais terminer ça toute seule.

ANNIE S’APPROCHE DE ROSIE POUR LA RAISONNER.

ANNIE : Tu sais, quand quelqu’un fait une bêtise, il doit en assumer la responsabilité, qu’il fasse la bêtise de colorier les murs ou de dire quelque chose de pas gentil ou de faux. Je crois que tu as fait une grosse bêtise, l’autre jour et que tu as dis une chose que tu ne pensais pas. J’espérais qu’après tout ça, tu allais réfléchir et que tu ferais des excuses … Est-ce que tu te souviens de m’avoir dit que tu me détestais ? (Rosie ne répond pas) Je sais que tu as horreur d’être punie mais quand tu dis que tu ne m’aimes pas, c’est très dur pour moi à entendre … Prépare-toi pour l’école, je vais te conduire.

ANNIE SE LEVE ET S’APPRETE A QUITTER LA PIECE.

ROSIE : On va encore frotter le mur quand je reviendrai ?

ANNIE (de dos) : Oui.

ANNIE S’EN VA. ROSIE CONTINUE À BOUDER.


 

JUSTE AU MOMENT OU ERIC S’APPRETE A PARTIR, SIMON ET HAPPY REVIENNENT À LA MAISON.

SIMON : On est restés devant la maison. On n’a pas été plus loin.

ERIC : Je sais, je vous ai regardés par la fenêtre.

SIMON : Papa, tu pourrais parler à Mme Kerjesz à propos de son passé et tout me raconter, vu que je n’ai pas le droit de la voir ?

ERIC : Non, Simon, pas question. Tu n’auras qu’à faire ton rapport sur un autre sujet pour cet oral d’histoire contemporaine, point final. (Simon soupire) Et si jamais tu t’avises de retourner embêter Mme Kerjesz pour ce genre de motif, tu auras de gros problèmes.

SIMON : Je sais. Disons que … Ce n’est pas grave.

ERIC : Non, je n’ai pas été très juste avec toi. Qu’est-ce que tu voulais me dire ?

SIMON : Eh bien, il y a Larry dans ma classe et il dit que ça n’a jamais existé, ce genre de camp. Son père affirme que c’est une invention

ERIC : Tu es certain que ce monsieur a un problème ? S’il n’hésite pas à nier ce qui s’est passé là-bas, c’est une opinion qui ne repose que sur sa propre haine. Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’il puisse inciter son fils à en faire autant.

SIMON : Je sais. Alors, quelle est la solution ?

ERIC SE MET À REFLECHIR SUR CETTE QUESTION.


 

AU LYCEE DE MATT, MARY ET LUCY …

UNE FILLE : A tout à l’heure, Matt.

MATT ET JOANNE SE CROISENT.

MATT : Bonjour.

JOANNE : Oh ! Salut ! Oh ! Il faut que j’y aille et je ne veux pas être en retard, en classe.

MATT : Ben, attends ! Euh … je croyais que tu allais m’appeler, hier soir en rentrant. Il y a un truc qui ne va pas ?

JOANNE : Oui, ça, c’est vrai. Il y a un truc qui ne va pas, mais ce n’est pas le meilleur endroit pour en parler.

MATT : Très bien. Alors, où est-ce que tu crois qu’on peut aller parler de ça ?

JOANNE : Oh ! Et puis, ce sera aussi simple de te le dire tout de suite. Je t’aime, Matt, mais ça ne pourra pas marcher. (Matt ferme brusquement la porte de son casier)

MATT : Mais enfin, pourquoi ? Je croyais que tout allait bien entre nous.

JOANNE : Les choses vont très bien pour ce qui est de nous, mais elles ne vont plus très bien entre tes sœurs et moi.

MATT : Euh … mes sœurs ? Mais … mais enfin ! De quoi tu parles ?

JOANNE : Mary et Lucy ne m’aiment pas. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. Elles me détestent.

MATT (en riant) : Oh ! Non, ce n’est pas vrai ! Mais où est-ce que t’as été chercher une idée comme ça ?

JOANNE : Je ne me fais pas d’idée, Matt. C’est la vérité.

MATT : Et pourquoi elles te détesteraient ?

JOANNE : Je ne sais pas. Va plutôt leur demander.

MATT : Tout ça est dingue.

JOANNE : Oh ! Il faut que j’y aille. (Elle s’en va)

MATT (en criant) : Euh … je t’appelle.

JOANNE (en se retournant) : Non, vraiment. Je crois que je n’ai plus rien à te dire.

LA SONNERIE RETENTIT. MATT EST COMPLETEMENT BOULEVERSE.


 

ERIC REND VISITE À Mme KERJESZ QUI EST OCCUPEE DE TRAVAILLER DANS SON JARDIN.

ERIC : Bonjour, Mme Kerjesz. (Elle sourit) J’ai cru comprendre que Simon était passé, hier soir et je voulais que vous l’excusiez s’il vous a embêtée.

CHARLOTTE : Oooh ! Savez-vous ce qu’il voulait ? Il voulait que je lui parle d’une chose qu’il a vue quand vous êtes venus tous les deux, l’autre jour.

ELLE LUI MONTRE SON TATOUAGE.

CHARLOTTE : Comment un petit garçon plein d’innocence pourrait aller comprendre mon histoire ?

ERIC : Je crois qu’il pourrait, mais je ne voudrais pas insister si c’est une chose dont vous refusez de parler.

CHARLOTTE : Il m’arrive d’en parler. Il m’arrive d’en parler avec mes amis qui ont survécu à ça. On a un passé commun qui nous donne une complicité. On se comprend entre nous, mais les autres gens ne comprennent pas si bien ou pas du tout. Quelquefois, un cœur n’est simplement pas tout à fait assez fort pour supporter la douleur d’un être humain en train de souffrir et son esprit ne peut plus comprendre. Vous voyez ce que je veux dire ?

ERIC : Oui, je vois. Mais je … je ne suis pas venu ici que pour excuser Simon.

CHARLOTTE : J’en avais l’impression.

ERIC : Je voulais surtout qu’on parle d’une chose que lui a dite un de ses amis en classe.


 

DANS LA SOIREE, MARY ET LUCY SONT DANS LEUR CHAMBRE. MATT FRAPPE A LA PORTE.

MATT : Salut. Euh … écoutez, je sais que ça va vous sembler dingue, mais est-ce que vous détestez Joanne pour une raison ou pour une autre ?

LUCY : Pourquoi cette question ?

MATT : Ah ben, parce qu’elle me laisse tomber en me disant que vous la détestez.

MARY : Oooh ! On ne la déteste pas.

LUCY : Non.

MATT : Ouais, ben, c’est bien ce que je pensais. Oui, sous le coup de la déception, je n’ai pas choisi la fille qui convenait.

MATT CONSTATE UN RAPPROCHEMENT ENTRE SES DEUX SŒURS.

MATT : Quoi ?

MARY : Non, rien. Disons que je ne me fais pas trop de soucis pour toi. Ce n’est pas une grosse perte.

LUCY : Oui, tu vas trouver quelqu’un d’autre.

MATT : Je ne peux pas croire ça. Joanne a raison. Vous la détestez.

MARY : Bah ! Détester est un bien grand mot. Ce n’est pas qu’on la déteste. Disons seulement qu’on ne l’aime pas beaucoup.

MATT (irrité) : Et pourquoi ça ? Je peux savoir ce qu’elle vous a fait ?

MATT QUITTENT LEUR CHAMBRE EN CLAQUANT LA PORTE. MARY POUSSE UN ENORME SOUPIR.

LUCY : Oups !

MARY : Oui, mega oups !

LUCY : Et j’ai oublié. Pourquoi on la déteste, au fait ?

MARY : Je ne sais pas. Je ne m’en souviens plus.

LUCY : Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ?

MARY : On ferait bien d’aller trouver Matt et faire des excuses.

LUCY (embarrassée) : Hmm !

MARY : Ouais. Je sais.


 

PENDANT CE TEMPS-LA, ANNIE EST DANS LA CUISINE EN TRAIN DE SURVEILLER LES PLATS. MATT ARRIVE.

MATT : Est-ce que t’as vu papa ?

ANNIE : Il est chez Mme Kerjesz. (Matt soupire) Il est avec Simon. Qu’est-ce qu’il y a ?

MATT : Je suis très en colère contre Mary et Lucy. Je voulais en parler à papa.

ANNIE : Et pourquoi pas à moi ? Je sais écouter. Je pense même pouvoir te conseiller presque aussi bien que ton père.

MATT : Je ne suis pas à la recherche d’un conseil. Tout ce que je veux, c’est que papa aille leur crier dessus.

ANNIE : Leur crier dessus ? A propos de quoi ?

MATT : Joanne ne veut plus me voir parce que Mary et Lucy la détestent, absolument sans raison.

ANNIE : Est-ce que tu en es sûr ?

MATT : Mais oui, j’en suis sûr. Je viens de leur parler.

ANNIE : Très bien. Ton père pourra crier dessus, s’il le veut, quand il reviendra, mais moi, je vais tenir mon rôle pour l’instant.

MARY ET LUCY ARRIVENT.

MARY (à Matt) : Je voudrais m’excuser si on a fait quelque chose ou dit quelque chose qui ait pu blesser Joanne.

LUCY (à Matt) : Oui, on a juste voulu rigoler un peu.

ANNIE : Rigoler un peu ? Comment ça ?

LUCY : Disons qu’on s’est moqué un peu d’elle, l’autre soir dans la cuisine et il se peut très bien qu’elle ait entendu quelque chose.

ANNIE : Quoi ?

MARY : Ben, elle est toujours si parfaite.

LUCY : Mais oui. Tu sais, elle a les dents parfaitement blanches et … une parfaite coiffure et une parfaite voiture et en plus, elle a des meilleures notes.

ANNIE : C’est si terrible que ça d’avoir eu la chance d’être belle et d’être bonne en classe ? Et c’est pour ça que vous sembliez si proches, cette semaine ? C’est parce que vous vous étiez trouvé une ennemie commune et que vous vous étiez liguées contre elle ? Eh bien, c’est un petit jeu dangereux auquel on ne doit pas jouer. Non seulement vous allez devoir faire des excuses à votre frère, mais il faudra aussi que vous en fassiez à Joanne. Demain, dès que vous arriverez à l’école, vous irez la trouver et vous lui parlerez.

MARY : Ben, peut-être que c’est mieux si on l’appelle.

LUCY : Oui, on peut l’appeler maintenant.

ANNIE : Non, vous devrez vous excusez en face.

MARY ET LUCY, EMBARRASSEES, S’EN VONT.

MATT : Tu n’as pas crié.

ANNIE : Eh bien, je ne suis pas d’humeur à crier.

ON APERCOIT ROSIE QUI DESCEND DE SA CHAMBRE ET ECOUTE LA CONVERSATION DEPUIS LE PREMIER PALIER.

MATT : C’est à cause de cette histoire avec Rosie ?

ANNIE : Tu es au courant ?

MATT : Oui, Simon m’en a parlé.

ANNIE : Je sais qu’elle ne pensait pas ce qu’elle a dit, mais ces mots sortant de cette si jolie frimousse, ça a été très dur. Comment elle a pu me dire qu’elle me détestait avec une telle haine dans le regard ? Oooh ! Ca m’a fait quelque chose.


 

ERIC ET SIMON SORTENT DE CHEZ CHARLOTTE KERJESZ.

CHARLOTTE : Bonne nuit, Simon.

SIMON : Bonne nuit, Mme Kerjesz. Merci de m’avoir parlé. Je ne sais pas … peut-être que je ne sais pas si bien écouter, finalement … Je suis vraiment désolé pour ce qui est arrivé à votre famille.

CHARLOTTE : Oui, je le suis, moi aussi.

CELLE-CI, EN LARME, LA PREND DANS SES BRAS.


 

LE LENDEMAIN …


 

ROSIE DESCEND AVEC SON SEAU ET ANNONCE ANNIE QU’ELLE A FINI DE NETTOYER LE MUR.

ROSIE : Bonjour, maman.

ANNIE : Bonjour, ma grande. (Elle lui montre le seau) Qu’est-ce que c’est ?

ROSIE : Ha ! J’ai tout fini.

ANNIE : Tu veux dire que tu as nettoyé tout le mur ?

ROSIE : Ouais, je me suis levée aussitôt que mes yeux se sont ouverts.

ANNIE : Oooh ! Chérie.

ROSIE : Les marques sont toutes très bien parties. Tu peux aller voir, si tu veux.

ANNIE : J’avoue que j’ai hâte de voir ça. Merci.

ROSIE : Oh ! Mais de rien. Je t’aime, tu sais.

ANNIE : Mais moi aussi, je t’aime. (Etreinte) Et ça me fait plaisir de te l’entendre dire, parce que je sais que tu m’en voulais beaucoup.

ROSIE : Ouais, mais je ne te déteste pas pour de vrai. Et je suis désolée de t’avoir dit ça.

ANNIE : Oui. Je suis désolée que tu l’aies dit, moi aussi.

ROSIE : Est-ce que ton cœur souffre encore ?

ANNIE : J’aimerais pouvoir te dire que c’est fini, mais mon cœur souffre encore un tout petit peu, même si je sais que tu ne me détestes pas et que tu n’as pas voulu me faire mal.

ROSIE : Mais je veux que ton cœur ne te fasse plus du tout mal, maintenant.

ANNIE : Tu es encore une petite fille. Tout ça va te servir de leçon. Quand on dit quelque chose, chaque mot exerce son propre pouvoir. Et même si parfois on veut tout effacer, on ne le peut pas. Et le fait de présenter des excuses ne suffit pas à résoudre les choses, du moins, pas aussi vite qu’on aimerait qu’elles puissent s’arranger. Alors, tu vas me donner une journée ou deux et … mon cœur sera guéri.

ROSIE : Ah ! Alors, je crois que je ferai mieux de faire attention à ce que je raconte.

ANNIE SE MET À RIRE ET PREND A NOUVEAU ROSIE DANS SES BRAS.


 

MARY ET LUCY S’APPRETENT A DIRE DES EXCUSES A JOANNE.

MARY : Très bien. La voilà ! Finissons-en avec ça.

ELLES S’APPROCHENT DE JOANNE, QUI EST OCCUPEE À ARRANGER SON CASIER.

LUCY : Salut ! (Joanne se retourne) Est-ce que tu serais d’accord pour qu’on parle cinq minutes, parce que c’est le bon moment ?

JOANNE : Matt m’a dit que vous vouliez me voir, mais ce n’est pas nécessaire. Vraiment !

MARY : Si, c’est tout à fait nécessaire. On se sent tellement mal après tout ce qu’on t’a fait.

LUCY : On est désolé si on a pu te blesser.

JOANNE : Si … si vous avez pu me blesser ? Vous croyez que mes dents sont fausses, que ma poitrine est fausse et que je ne sais pas cuire mes petits plats ? Vous voyez, j’ai une ouïe parfaite, elle aussi. J’ai pu entendre tous les mots.

MARY : On est vraiment désolées.

JOANNE : Vous le pouvez. Si vous vous étiez donné la peine de me connaître, je suis plutôt sympathique. Et j’essaie de traiter les autres comme j’ai envie qu’ils me traitent.

LUCY : Oui, euh … et si tu faisais la même erreur que nous, tu aimerais bien qu’on puisse te pardonner, non ?

JOANNE : Je ne ferai pas la même erreur que vous.

MARY : Non, je suis sûre que tu ne la ferais pas. Ca ne nous ressemble pas du tout. En général, nous aussi, on est plutôt sympas. On s’est … on s’est laissé emporté par la stupidité. Alors, s’il te plaît, ne fais pas retomber ça sur Matt. Ce ne serait vraiment pas juste.

JOANNE : Non, ce n’est pas juste. Mais je sais que ça ne marchera jamais entre Matt et moi, parce que je crois que je ne me sentirai jamais à l’aise avec vous deux, ni dans votre maison. C’est comme ça et c’est tout. (Elle s’en va)

LUCY : Oh ben, on a essayé.

MARY : Mais c’est raté. (Matt arrive)

MATT : Alors, qu’est-ce que je deviens ?

MARY : Désolée.

LUCY : Moi aussi, je suis désolée. Et si ça peut te consoler, on a pris une super leçon.

MATT : Non, ça ne me console pas du tout, parce que quelle que soit la leçon, elle est à mes dépens.

MATT, CONTRARIE, S’EN VA.

LUCY : Très bien, qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?

MARY : On va essayer de vivre avec ce regret lancinant et ne plus faire ce genre de chose à l’avenir.

LES DEUX FILLES BATTENT DES MAINS.


 

A L’ECOLE DE SIMON, LA CLASSE DE Mme KOVARSKI AINSI QUE LEURS PARENTS SONT REUNIS POUR ECOUTER L’EXPOSE SUR L’HOLOCAUSTE.

Mme KOVARSKI : Eh bien, je suis vraiment très fière de vous tous. On apprend toujours beaucoup en parlant avec les gens plus âgés de leurs expériences passées. Voyons voir, à qui le tour, maintenant ? Simon, je doit t’avouer que j’attends ton exposé avec impatience. Tu es prêt ?

SIMON : Oui, madame, je suis prêt.

SIMON SE LEVE ET S’APPRETE A FAIRE SON EXPOSE.

SIMON : Mon exposé traite de l’Holocauste qui a eu lieu entre le moment où Hitler est devenu chancelier en Allemagne, le 30 juin 1933, et celui où la Deuxième Guerre Mondiale a pris fin le 8 mai 1945. Pendant cette période, on estime à onze millions, le nombre de gens qui furent tués à la suite d’une série de mesures prises contre eux par Hitler. Et six millions d’entre eux étaient des Juifs. Mon amie, Mme Kerjesz, faisait partie de ces Juifs martyrs qui furent placés dans un camp de concentration nazi, mais elle a survécu. Je sais qu’on nous a demandé de raconter une histoire transmise par un des membres de notre entourage, mais ce n’est pas une histoire que je peux raconter et même si je le pouvais, vous pourriez croire que je l’ai inventée. (en s’avançant vers la classe) Alors, je veux bien récolter un F pour mon exposé, parce qu’hier soir, j’ai écouté parler Mme Kerjesz et c’est plus important que ce soit elle qui vienne vous raconter son histoire.

SIMON OUVRE LA PORTE. ERIC ET Mme KERJESZ ENTRE. SIMON LA PRESENTE DEVANT TOUTE LA CLASSE.

SIMON : Voici Charlotte Kerjesz. C’est une survivante d’un des camps de la mort, celui d’Auschwitz, en Pologne. Mme Kerjesz. (tout bas dans son oreille) Merci.

SIMON SE RETIRE. Mme KERJESZ SE MET À RACONTER SON HISTOIRE.

CHARLOTTE : J’ai été conduite vers un camp de concentration allemand avec ma mère, mon père, mon petit frère depuis la Hongrie, en 1944. Mon autre frère plus âgé était soldat, combattant pour la Hongrie sur le front russe. Et ma sœur avait été capturée par les SS avant, juste au début de l’occupation. Je suis arrivée à Auschwitz avec mon jeune frère, ma mère et mon père. On avait voyagé pendant quatre jours et demi dans un train, sans rien à manger, sans rien à boire et sans aucune installation sanitaire. Dans ce train, il faisait vraiment très, très chaud. Je dois dire que l’odeur, la chaleur et le … le bruit étaient à peine supportables. Dans le wagon, il y avait plein de gens qui pleuraient et qui criaient. C’était la panique, là-dedans. On ne savait pas du tout où on nous conduisait. Quand on a fini par arriver quelque part, les portes se sont ouvertes. Il y avait des centaines et des centaines de personnes essayant de descendre, se poussant les unes, les autres et … et mon père me … me tenait les mains pour faire en sorte qu’on ne soit pas séparés. On nous a dit de former deux groupes. Les hommes devaient former le premier groupe. Et les femmes et les enfants devaient former le deuxième groupe. Cinq mois plus tôt, mon petit frère avait eu treize ans. Il avait fait sa Bar Mitsvah. Et là, il … il ne savait pas si … s’il devait être considéré en tant qu’homme ou et tant qu’enfant … Je lui ai dit tout bas d’aller avec ma mère parce que … parce que les mères prennent soin de leur enfant, surtout quand ils sont malades. Et mon frère était très malade. Hélas, je ne savais pas. C’est moi qui ai pris cette décision et … j’ai tué mon petit frère parce que le groupe avec toutes … toutes les mamans et tous leurs enfants était conduit directement à la chambre à gaz. Et encore aujourd’hui, je n’arrive pas à le pardonner. Je me suis mise à chercher mon père. Mon père mesurait un mètre quatre-vingt-six, un bel homme grand, vraiment fort et qui … et qui avait toujours su quoi faire dans toutes les situations. Mais quand je l’ai aperçu, il se tenait là, tout raide. Il semblait si misérable avec ses larmes qui lui coulaient sur le visage. Je n’ai plus pensé à l’endroit où j’étais, à ce que je devais faire. J’ai couru vers lui. Je … je ne savais pas ce que je voulais. Je … je crois que je voulais … le réconforter. Un SS furieux s’est avancé pour m’en empêcher et il s’est mis à crier sur moi et à me frapper : « Toi, va-t-en et retourne vite là où il faut que tu sois ! » Je n’avais pas eu le choix. Il fallait que je reparte. Je suis retournée là où … où ma mère et mon petit frère étaient restés … Et ils n’étaient plus là … (Larmes et agitation) Et puis, après tout ça, ils nous ont dit à nous toutes les femmes seules de former un troisième groupe et de nous avancer. Et il y avait un … un jeune SS qui … qui s’est donné devant nous, qui était très détendu et très souriant et dès, qu’on passait devant lui, il faisait un geste : « Gauche, droite, gauche, droite … ». Plus tard, on a découvert que … que celles qui étaient placées à gauche, allaient finir par la chambre à gaz. On … on a dû aller aux douches et ils nous ont dit d’enlever nos vêtements. Dans la douche, ils … ils nous ont rasé les cheveux et on était là, chauves et nues. J’étais complètement humiliée. Quand on est sorties, on nous … on nous a donné des haillons à nous mettre. J’avais une chemises d’homme sans … sans aucun bouton. J’essayais désespérément de bien me couvrir. Il était deux heures de l’après-midi, il faisait vraiment très froid … Alors, les SS sont venus et nous ont dit de marcher vers nos baraquements, qu’on retrouverait nos parents et quand on est arrivés, naturellement, personne n’était là. Quelques-unes des filles se sont mises à pleurer, à crier : « Où sont nos parents ? Mes parents …  » Et c’est là qu’un SS est venu vers nous et nous a dit en pointant un doigt vers le ciel : « Regardez, qu’est-ce que vous voyez ? » Le ciel était tout noir, chargé de fumée épaisse. Et il a ajouté en ricanant : « Tenez, ce sont vos parents. Et c’est là que vous irez, vous aussi, car la seule façon de sortir d’Auschwitz, c’est par la cheminée ». Et voilà ce que fut mon arrivée à Auschwitz Birkenau. Mon père, ma mère, mon petit frère sont morts. Après la guerre, j’ai appris que mon frère aîné et ma sœur étaient morts, eux aussi. Dans ma famille, je suis la seule personne qui ait survécu … Si seulement on pouvait arrêter de se haïr les uns les autres … Si seulement …

PUIS APPARAIT UN TEXTE ECRIT EN ANGLAIS, SUR UNE SURVIVANTE DE L’HOLOCAUSTE.

This is the true story of Auschwitz-Birkenau survivor Elisabeth Mann who allowed us to create a fictional character to portray her in tonight’s episode. Special thanks to her and to the Simon Wiesenthal Center for their assistance 

TRADUCTION FRANCAISE SOUS-TITREE. (EN GROS)

Voici l’histoire de la survivante d’Auschwitz, Elisabeth Mann, qui a inspiré le personnage fictif décrit dans cet épisode. Merci au Centre Simon Wiesenthal pour son aide.

 

Script rédigé par Nadine, toute reproduction est interdite

 
     

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