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6.18 "La bague au doigt"



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1.2 SECRETS DE FAMILLE

1.2 SECRETS DE FAMILLE


ON VOIT SIX EXTRAITS DE L’EPISODE PRECEDENT :


1. A TABLE, PENDANT LE DINER.

MATT : Je sors, ce soir.

ERIC : Avec qui tu sors, ce soir ?

MARY (en répondant à la place de Matt) : Une étudiante, une fille qui a un an de plus que lui.


2. LUCY FAISANT LE POIRIER.

ROSIE : Qu’est-ce que tu fais ?

LUCY : Je m’efforce de devenir une femme. Alors, fiche-moi la paix.


3. SIMON FAISANT SA PRIERE POUR AVOIR UN CHIEN.

SIMON : Bien joué, mon Dieu. Maintenant, tout ce que t’as à faire, c’est faire entrer un chien dans le jardin et je suis sûr que c’est en ton pouvoir.


4. À L’EGLISE, APRES LA PRIERE DE SIMON PENDANT LA CHANSON « AMAZING GRACE ».

LES CHORISTES : Amen.


5. EN SORTANT DE LA MAISON.

SIMON (débordant de joie) : Oui ! C’est vrai. Regardez ! Dieu existe. (Il serre le chien dans ses bras).


6. A TABLE, APRES LE PETIT-DEJEUNER. (CECI EST UN RESUME DE CE PASSAGE).

ANNIE : Maman, qu’est-ce qui se passe ?

JENNY : Je suis atteinte de leucémie.

ANNIE (d’un air consterné) : Oh ! Maman ! (Annie prend Jenny dans les bras)


SIMON ENTRE DANS SA CHAMBRE. IL SURPREND HAPPY EN TRAIN DE MACHONNER LES CHAUSSURES D’ERIC.

SIMON : Happy ! Non ! Je t’ai dit qu’il ne fallait pas manger les chaussures de papa … (en examinant la chaussure trouée) Aaah ! C’est malin ! Ils seront assez en colère quand ils découvriront que tu vas avoir des petits.

SIMON PREND LA CHAUSSURE ET LA CACHE SOUS SON LIT.

SIMON (se mettant en dessous du lit) : Ha !

ROSIE (la tête en bas, en regardant Simon) : Qu’est-ce que tu fabriques ?

SIMON : Euh … je prépare une surprise pour papa.

ROSIE : Quel genre de surprise ?

SIMON : J’accroche toutes ses chaussures, ici, tu vois. Alors, ne dis rien à personne, promis ?

ROSIE : Promis.

SIMON : Tu me le jures ?

ROSIE HOCHE LA TETE.

SIMON : Promets-moi seulement de ne rien dire à personne.

ROSIE : Je te le promets.


LES PARENTS D’ANNIE SONT SUR LE POINT DE QUITTER LA MAISON.

ANNIE : Incroyable ! Cette semaine a passé à une vitesse …

JENNY : Je suis aussi de ton avis, chérie.

SIMON : Je t’aurais donné un coup de main, si tu me l’avais demandé. Donne-moi une valise.

ERIC : Non, ça va aller, Simon. Ca a un équilibre.

JENNY : Quelle bonne idée ça a été de trouver cette chienne à la fourrière. Tu deviens un jeune homme très responsable.

SIMON : Oui, et je vais le devenir plus encore, vous allez voir.

MATT : J’espère que tu m’aideras à nettoyer la cuisine.

SIMON : Ben voyons …

MARY : Et encore merci de m’avoir raccourci ma jupe, grand-mère.

ANNIE : Et quelle jupe ?

ERIC : Raccourci de combien ?

LUCY : Grand-père, merci de m’avoir abonner à Sassy.

MATT : Merci de m’avoir offert ce couteau de l’armée suisse.

CHARLES : Je vois qu’on ne sait pas garder les secrets dans cette maison, n’est-ce pas ? (Eclats de rire)

ANNIE : Vous ne voulez pas rester quelques jours de plus avec nous ?

ROSIE (en parlant en même temps que Charles) : Simon, non !

CHARLES : Ouais. On essaiera.

ERIC : Oui ! Il doit rester quelques dollars sur votre compte en banque.

ANNIE : Euh … j’aimerais tellement que vous restiez.

JENNY (en s’approchant d’Annie) : Je vais revenir bientôt, ma chérie. Je te le promets.

ANNIE, TOUTE EMUE, PREND SA MERE DANS SES BRAS.

ERIC : Allez, il est temps qu’on y aille.

CHARLES : Absolument. Il est temps de se dire au revoir.

JENNY : Ca a été un vrai bonheur de passer cette semaine avec vous. (en prenant Matt dans ses bras) Au revoir, mon grand.

CHARLES (en s’apercevant qu’Eric porte une chaussure différente à chaque pied) : Vous avez un problème avec votre pied ?

ERIC : Ben, je n’arrive pas à trouver l’autre chaussure.

SIMON : Il perd tout, grand-père. C’est normal. Je te la chercherai, papa.

ERIC : Ah ça, c’est gentil, Simon.

APRES QU’ERIC SOIT PARTI AVEC SES BEAUX-PARENTS, MATT EST INTRIGUE PAR LE COMPORTEMENT DE SA MERE.

MATT : Maman, dis-moi ce qui se passe avec grand-mère. Je sais qu’il y a quelque chose et je m’estime assez grand pour savoir ce que c’est.

ANNIE : Je regrette, chéri. Ce n’est vraiment pas le moment.

MATT : Mais tu me le diras, c’est promis ?

ANNIE (tout bas) : Oui. Mais une autre fois.

MATT SOUPIRE. ANNIE PART À SON TOUR POUR PARLER UNE DERNIERE FOIS À SA MERE AVANT SON DEPART. ERIC EST EN TRAIN DE CHARGER LE COFFRE DE LA VOITURE.

ANNIE : Tu ne veux vraiment pas rester ici, pour suivre un traitement ?

JENNY : Non, je ne veux pas, Annie. Je t’assure. Je ne veux pas imposer cette épreuve à vos enfants. Ils ne le méritent vraiment pas.

ANNIE : Je sais, mais enfin. Tu ne dois pas …

ERIC : Vous ne devez pas supporter le poids de ce secret, l’un et l’autre.

CHARLES : Ecoutez, nous avons eu, l’un et l’autre, plus de temps pour réfléchir à cette question que vous … Prenons plutôt … la vie au jour le jour, comme elle vient, et regardons ce qui se passe.

JENNY (à Charles) : Merci, mon trésor.

ANNIE : Vous reviendrez nous voir ?

JENNY : Mais oui, dans deux semaines, au plus tard.

ANNIE : Je compte sur vous.

JENNY : Promis, juré.

CHARLES (juste au moment où Jenny embrasse Annie) : Paroles de scout.

JENNY : Tout ira bien.

ANNIE : Papa.

ANNIE S’APPROCHE DE SES PARENTS POUR LES EMBRASSER.

ANNIE : Au revoir, maman.

ENSUITE, ILS MONTENT DANS LA VOITURE.

ANNIE: Bon. Eh bien, bon voyage.

JENNY : Merci.

ANNIE (après avoir embrassé Jenny) : Appelez-moi quand vous serez arrivés.

JENNY : D’accord.

ANNIE ET ERIC FERMENT LA PORTIERE, PUIS DISCUTENT.

ERIC : Ta mère s’inquiète plus pour ses petits-enfants que pour elle-même. Elle est incroyable.

ANNIE : Quand est-ce qu’on va le leur dire ?

ERIC : Oui, il sera toujours assez tôt pour le leur annoncer.

ANNIE : Oui.


GENERIQUE


SIMON LAVE LA VAISSELLE. MARY ET LUCY LUI APPORTE LES ASSIETTES SALES. TOUT À COUP, LE TELEPHONE SONNE. MATT DECROCHE.

MATT : Allo … Une fois de plus, ça a raccroché. Qui doit vous appeler, exactement ?

LUCY ET MARY : Personne.

LES DEUX FILLES S’EN VONT.

MATT : Rosie ! Hm ! Hm ! Hm !

MATT PREND ROSIE. CELLE-CI EST ASSISE SUR LA TABLE.

MATT : Dis-moi, Rosie ! Tu connais mon copain Jeff ?

ROSIE : Oui.

MATT : Est-ce que tu sais si Mary attend un appel de lui ?

ROSIE : Motus.

MATT : Oui … Allez, file.

SIMON : Matt ! A ton avis, dans combien de temps Happy va avoir ses petits ?

MATT : Je ne sais pas, pourquoi ?

SIMON : Parce que je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir comme ça. Je ne sais plus quoi faire pour retarder le moment d’annoncer aux parents la mauvaise nouvelle.

MATT : Oh ! Si ce n’est que ça, je crois que je peux t’aider. Remplis le lave-vaisselle et ensuite, nettoie le plan de travail de la cuisine. J’ai un coup de fil à passer.

SIMON : Merci.

MARY ET LUCY SONT DANS LEUR CHAMBRE. CETTE DERNIERE DECROCHE LE TELEPHONE.

LUCY : On pourrait au moins avoir un signal d’appel.

MARY : Ou le renvoi d’appel.

LUCY : Ou bien le blocage d’appel.

MARY : Ou une deuxième ligne.

LUCY : Ou des beepers.

MARY : Ou un fax.

LUCY : Ou un portable.

MARY : Faut pas rêver. Tant que papa sera pasteur, on ne pourra pas avoir une vie normale.

LUCY DECROCHE A NOUVEAU LE TELEPHONE. LE MOT « RACCROCHE » SE FAIT ENTENDRE.

MARY : Je ne vais pas recevoir d’appel de sitôt.

LUCY : Ouais. Moi non plus.

MARY : De qui tu attends un appel ?

LUCY : De quelqu’un qui va peut-être m’appeler.

MARY : Son nom ?

LUCY : Ca ne te regarde pas.

MATT ETAIT EN TRAIN DE TELEPHONER A UNE FILLE, RENEE NICHOLSON.

MATT : Bien, je vais passer t’apporter à manger.

RENEE : Ce n’est pas nécessaire. Je n’ai même pas faim.

MATT : Je passerai dès que j’aurais fini.

RENEE : Ne t’inquiète pas, je vais aller me coucher tôt.

MATT : Mais il faut absolument que tu manges.

DU COTE DE LUCY ET MARY, CETTE DERNIERE FERME LA PORTE ET VEUT SAVOIR LE NOM DU PETIT AMI DE LUCY.

MARY (adossée contre la porte) : Allez ! Dis-le moi.

LUCY : Il n’y a rien à dire, je t’assure.

MARY : Dis-le moi, tu ne reverras jamais plus la salle de bain.

LUCY : Je dois y aller. Laisse-moi passer.

MARY : Est-ce que tu as vraiment envie d’y aller ?

LUCY : Oui.

MARY : Tu en as vraiment besoin ?

LUCY : Oui.

MARY : Tu sais ce qui est bon pour ça ? Les chatouilles.

LUCY : Non, non, pas les chatouilles.

MARY : Tu ne me laisses pas d’autres solutions.

MARY ACCOURT VERS LUCY POUR LA CHATOUILLER

LUCY (en courant) : Mary ! Non ! Pas ça. Je vais te le dire. C’est d’accord. C’est d’accord.

MARY : Bon. Alors, comment il s’appelle ?

LUCY : Ne ris pas, hein. Il s’appelle Jimmy Moon.

MARY (en riant) : Hm ! Hm ! D’où est-ce qu’il sort, un nom pareil ?

LUCY : Je ne sais pas, mais il est mignon.

MARY : Je vois. Alors, un conseil. Ne parle pas de ça à papa et maman. Ils acceptent assez mal mon histoire avec Jeff et j’ai quand même quatorze ans. D’autre part, je ne veux pas que tes histoires de garçons puissent avoir des incidences sur les miennes.

LUCY : Je fais quoi s’il appelle et que c’est eux qui répondent ?

MARY : Dis que c’est un garçon qui est tombé malade à l’école et qui t’appelait pour ses devoirs.

LE TELEPHONE SONNE. MARY DECROCHE.

MARY : Allo.

JEFF : Salut, Mary.

MARY : Ah ! C’est toi, Jeff ? (À Lucy) Tu ne devais pas aller quelque part ?

LUCY : Ca peut attendre.


ANNIE RENTRE ENTRE DANS LA MAISON.

ANNIE (à Simon) : Ca va, chérie ?

SIMON : Ca va, maman. Je vais ranger ma chambre.

ANNIE : C’est très bien. Tu as aidé Matt à nettoyer la cuisine ?

SIMON : Oui. J’ai même rempli le lave-vaisselle et nettoyer le plan de travail.

ANNIE : C’est formidable.

SIMON MONTE DANS SA CHAMBRE.

MATT (qui arrive en descendant) : Tu me prêtes la voiture pour aller à la bibliothèque ?

ANNIE : La bibliothèque ?

MATT : Ouais.

ANNIE : Tu vas à la bibliothèque ?

MATT : Ecoute. Ce n’est quand même pas la première fois.

ANNIE : Je te la laisse. Mais ne sois pas en retard !

MATT : Je ne serai pas en retard, je serai prudent au volant, je ne parlerai pas à des inconnus et je regarderai en traversant.

ANNIE (prenant Matt dans ses bras) : Hm ! Aaah !

MATT : Maman, je ne pars pas sur le front, je vais juste à la bibliothèque.

ANNIE (en faisant oui de la tête) : Hm ! Hm ! A tout à l’heure.

MATT S’EN VA. ANNIE PENSE À MANIERE D’ANNONCER L’ETAT DE SANTE DE SA MERE A SES ENFANTS.


CETTE NUIT, LA FAMILLE CAMDEN SONT AU LIT. PLUS TARD, SIMON EST REVEILLE PAR DES ABOIEMENTS. HAPPY EST RESTE. MAIS MATT, SEUL, N’A PAS DORMI.

SIMON (regardant le lit de Matt) : Matt !


LE MATIN, ERIC ESSAIE D’APPELER MATT. CELUI-CI ARRIVE ET SE FERA REPRIMANDER PAR ERIC.

ERIC (en colère contre Matt) : A la cuisine ! Tout de suite.

MATT S’APPROCHE DE SON PERE. LES AUTRES MEMBRES DE LA FAMILLE SE REVEILLENT.

ERIC : Au fait, il est quelle heure ?

MATT (regardant sa montre) : Cinq heures et quart.

ERIC : Ah bien ! Je … je … ta montre fonctionne. Attends ! Euh … (en prenant le téléphone) Ah ! Le téléphone marche aussi très bien. Dans ce cas, tu risques de gros problèmes.

MATT : Je le crains, oui.

ERIC : J’ai tellement de questions en tête que je ne sais pas par laquelle commencer. Euh … tout d’abord, dis-moi, où étais-tu ?

MATT : Chez une amie.

ERIC : Une amie ?

MATT : C’est une amie que tu ne connais pas.

ERIC : Ah, c’est une amie. Intéressant, hein ! Comment as-tu pu oser faire une chose pareille ? T’es tombé sur la tête, ou quoi ?

LES AUTRES ENFANTS PRETENT L’OREILLE SUR CETTE DISCUSSION.

ANNIE : Les enfants !

SIMON : Si tu penses que je peux être utile à quelque chose, appelle-moi, d’accord ?

ERIC (entendu de loin) : Tu te rends compte que tu devais rentrer dans la soirée. Et qu’on t’a attendu toute la nuit. Tu n’as même pas téléphoné. Et puis, tu n’as aucune excuse.

MATT : Je suis allé à la bibliothèque et ensuite je suis passé voir cette amie car elle ne se sentait pas très bien.

ANNIE (en intervenant dans cette discussion) : Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle a ?

MATT : Elle a des problèmes … au niveau du ventre. Un truc féminin.

ANNIE : Féminin ? … Ah, je vois.

MATT : Je ne pensais pas y rester toute la nuit. Seulement, je me suis endormi sur le canapé.

ERIC : Bien … Que ça ne se reproduise plus jamais ! Ou plutôt, moi, je vais faire en sorte que ça ne se reproduise plus jamais.

ERIC S’EN VA. ANNIE ET MATT SEMBLENT TRES ENERVES.


MARY ET LUCY PARLENT DANS LA CHAMBRE. ELLES SE DEMANDENT OU MATT AVAIT PASSE LA NUIT.

MARY : Quel dommage qu’on ait pas pu s’approcher. On aurait dû attendre que maman soit en bas.

LUCY : Attends ! Examinons les faits et tâchons de raisonner.

MARY : Fait numéro un, il a dit qu’il allait à la bibliothèque.

LUCY : Le fait est qu’il ne va jamais à la bibliothèque.

MARY : Fait numéro deux, il a passé la nuit hors de la maison.

LUCY : Le fait est qu’il a dû passer la nuit avec une fille.

MARY : À vrai dire, ce n’est pas un fait, mais une forte probabilité. Alors, passons aux hypothèses. Première hypothèse, il a passé la nuit avec une fille.

LUCY : Deuxième hypothèse, ils se sont bécotés pendant toute la nuit.

MARY : Le fait est que tu es beaucoup trop jeune pour que je puisse jouer à ce jeu avec toi. Prépare-toi plutôt pour l’école.

A CE MOMENT-LA, ROSIE ARRIVE.

ROSIE : Qu’est-ce que vous faites ?

MARY : Rien, espèce de marmotte.

ROSIE S’INSTALLE SUR LES GENOUX DE MARY.

ROSIE : Quelqu’un a des ennuis ?

LUCY : Qu’est-ce qui te fait croire que quelqu’un a des ennuis ?

ROSIE : Parce que je suis descendue à la cuisine et papa m’a dit juste « bonjour ».

LUCY : Et alors ?

ROSIE : D’habitude, il dit toujours « bonjour, petit poussin ».

LUCY : Il a peut-être simplement oublié.

ROSIE : S’il est comme ça, c’est que quelqu’un a fait une bêtise.

MARY : Eh bien, c’est Matt. Mais tu n’as pas à t’inquiéter parce que ce qu’il a fait n’est pas très grave.

ROSIE : Je suis certaine que si.


SIMON ENTRE DANS SA CHAMBRE. A L’INSTANT D’APRES, MATT ARRIVE, DE MAUVAIS HUMEUR.

SIMON : Alors, t’as fait une grosse bêtise ?

MATT (en soupirant) : Pff ! J’ai l’impression.

SIMON : Qu’est-ce que t’as fait ?

MATT : Comment ça, qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai été couché.

SIMON : C’est génial, c’est ce que je pensais.

MATT : Et en quoi c’est génial ?

SIMON : T’as dormi chez une fille ?

MATT : Pourquoi ?

SIMON : Ce serait encore mieux.

MATT : Bon, écoute, je ne comprends rien.

SIMON : C’est simple. Si t’as fait quelque chose de vraiment mal, par exemple, le genre de bêtise qui peut t’envoyer en prison.

MATT : Personne ne va aller en prison.

SIMON : C’est un exemple. Si c’est quelque chose de très grave, Happy et moi, on est sauvé.

SIMON LANCE LE BALLON À MATT.

MATT : Pourquoi ?

SIMON : Tu ne comprends pas que c’est le moment idéal pour leur annoncer qu’elle va avoir des petits. Des petits, ce serait rien à côté de ce que t’as fait.

MATT : Et tu es fou ? Tu vas leur annoncer une mauvaise nouvelle après une mauvaise nouvelle ?

SIMON : Pourquoi pas ?

MATT : Parce que la colère qu’ils ont contre moi, ils la passeront sur toi.

SIMON (en tombant des nues) : Ah !

MATT : Ecoute, suis mon conseil ! Attends qu’ils aient reçu une bonne nouvelle pour le leur dire.

SIMON : Espérons qu’ils auront une bonne nouvelle, bientôt. Est-ce que tu l’as embrassée ?

MATT : Et de quoi je me mêle ?

SIMON ET MATT FONT UNE BATAILLE D’OREILLER.

SIMON (en criant) : Aaah ! Aaah !

MATT (en riant) : Ha ! Ha !


ANNIE APPREND L’ALPHABET À ROSIE, TANDIS QU’ERIC CHERCHE APRES SES CHAUSSURES.

ROSIE : J.

ANNIE (en répétant) : J.

ROSIE : K.

ANNIE (en répétant) : K.

ROSIE : L, M, N, O

ANNIE : L, M, N, O. Sauf que ce sont quatre lettres différentes. L, M, N et O.

ROSIE : Ah ! D’accord.

ANNIE : P.

ANNIE SE RETOURNE.

ERIC : Euh … je cours toujours après mes chaussures.

ROSIE (en regardant son papa en riant) : Hm ! Hm !

ANNIE (à Rosie) : Dis-moi, chérie, tu n’aurais pas les chaussures de papa, par hasard ?

ROSIE FAIT NON DE LA TETE. ERIC S’APPROCHE D’ELLE.

ERIC : Tu sais, papa a vraiment besoin de ses chaussures. Alors, si tu sais où elles se trouvent, euh … Hm ?

ROSIE S’EN VA.

ERIC : Bon, je mettrai celles du dimanche.

ANNIE : Hm ! Hm !

ERIC : Euh … tu n’as pas vu mes clés ?

ANNIE : Hm ! A côté de l’évier.

ERIC : A côté de l’évier. Où ça, à côté de l’évier ? Ah ! Et euh … mon alliance ?

ANNIE : Sur le lavabo.

ERIC : Le lavabo … Maintenant, je n’ai plus qu’à mettre la main sur la liste des gens auxquels je dois rendre visite.

ANNIE L’A TROUVE DANS SON MANTEAU.

ERIC : Voilà … Merci. (Baisers)

ANNIE : Oh, Je ne sais pas ce que tu ferais sans moi.

ERIC : En tout cas, ça, je ne lui ferai pas. (Baisers)

ANNIE : Hm ! Tu sais ce que je me disais ?

ERIC : Que dès que Rosie irait à l’école, on pourrait se promener tout nus.

ANNIE : Non.

ERIC : N’empêche qu’on pourrait.

ANNIE : Je me disais qu’il y a une autre raison pour que Matt ait été couché. Il ne nous a pas tout dit. (Baisers)

ERIC : Toi, t’as le chic pour gâcher les plus beaux instants.

ANNIE : Euh … oui.

ERIC : Tu crois qu’il a eu des rapports sexuels ?

ANNIE : Non, non. Je suis sûre que non.

ERIC : Et qu’est-ce qui te fait dire ça ?

ANNIE : L’intuition.

ERIC : T’as pas autre chose qu’une intuition ?

ANNIE : Si. Je lui ai demandé et il a dit non.

ERIC : Aaah oui ! S’il a dit non, tant mieux.

ANNIE : Ah !

ERIC : Mais il va quand même être puni. Je vais lui interdire de se servir de la voiture pendant au moins un mois.

ANNIE : Euh … qu’est-ce que tu dirais d’une semaine ?

ERIC : Trois.

ANNIE : Mais il conduira les enfants à l’école parce que sinon, la punition, c’est moi qui vais la faire.

ERIC : D’accord. Mais pour aller et revenir de l’école, c’est tout.

ANNIE : Entendu ! Et à la bibliothèque. Il ne faut pas le décourager d’aller à la bibliothèque.

ERIC : On ne sait même pas s’il est allé à la bibliothèque.

ANNIE : J’ai vu les livres qu’il a empruntés, quand il est parti ce matin.

ERIC : Très bien. La bibliothèque et l’école.

ANNIE : Parfait ! Deux semaines. (Baisers)

ERIC : Trois.

ANNIE : D’accord.

ERIC : Tu sais où sont mes belles chaussures ?

ANNIE : Les neuves qui te font mal aux pieds ?

ERIC : Ouais.

ANNIE : Tu les as mises dans le placard du couloir après l’office de dimanche.

ERIC : T’as raison. Qu’est-ce que je ferais sans toi ?


AUX ABORDS DE L’ECOLE, MATT DISCUTE AVEC JEFF. MARY LE RENCONTRE EN PASSANT.

MARY (en passant) : Salut, les garçons !

JEFF : Salut, Mary ! Il faudrait que je te voie, tout à l’heure.

MARY : Ah oui ?

JEFF : Oui. (en riant) Hm ! Hm ! Hm !

MATT : Non, tu ne la verras pas.

JEFF : Ah oui ? Et pourquoi ?

MATT : Ben, parce que c’est ma sœur.

JEFF : Il va bien falloir qu’elle sorte avec un garçon un jour ou l’autre.

MATT : Oui. Mais il n’est pas nécessaire que ce soit avec toi.

JEFF : Pourquoi pas avec moi ?

MATT : Parce que je te connais et que je te connais depuis toujours, d’ailleurs.

JEFF : Et après ? Tu sais que j’aime bien ta sœur. Elle n’est pas comme les autres.

MATT : Comment ça ?

JEFF : Avec elle, je peux parler sport.

MATT : Si tu la voyais uniquement pour parler sport, ça me serait égal.

JEFF : Et qu’est-ce que tu t’imagines ? Que je vais devenir entreprenant avec elle ?

MATT : Non, mais c’est elle qui risque de le devenir avec toi.


ALORS QU’ERIC EST SUR LE POINT DE RENDRE VISITE A SA BELLE-MERE, SES CHAUSSURES DU DIMANCHE LUI SERRENT LES PIEDS. IL L’APERCOIT, SORTANT DE L’HOPITAL AVEC UN DEAMBULATEUR.

JENNY : Je me sens beaucoup mieux,

ERIC : Ah ouais ! C’est ce que je vois, en effet.

JENNY : Oh oui, je peux marcher.

ERIC A UNE CRAMPE À SON PIED, CE QUI FAIT QU’ON LE VOIT MARCHER DE TRAVERS. PUIS, TOUJOURS MAL A L’AISE, IL PORTE UN PLATEAU-REPAS. ET ENCORE APRES, IL TELEPHONE A ANNIE. UNE INFIRMIERE APPARAIT DISCRETEMENT EN PLEINE DISCUSSION.

ERIC (au téléphone en se massant le pied) : Oh ! Euh … euh … euh … Bien, elle dit qu’elle va beaucoup mieux … Oui, c’est vrai, elle va beaucoup mieux. Et elle me demande de te remercier pour les fleurs … Oui, oui, ça lui a fait très plaisir.

ANNIE : Tant mieux.

ERIC : Euh … tu sais, finalement, je me demande si … si je ne vais pas rentrer plus tôt à la maison. Oui, après tout, je crois euh … que je travaillerai aussi bien là-bas qu’au bureau.

ANNIE : C’est une excellente idée … Tu m’entends ? J’ai dit que ça me ferait énormément plaisir.

ERIC : Hein ? Ah ! Parfait. C’est ce que je vais faire, alors.

ANNIE : A tout à l’heure.

ERIC : C’est ça.

IL RACCROCHE.

UNE INFIRMIERE : Bonjour, monsieur.

ERIC : Bonjour.

UNE INFIRMIERE : C’est la première fois que je vous vois dans cet hôpital.

ERIC (en bégayant) : Euh … je suis … je suis Eric Camden. (en lui serrant la main) Enfin, le … le pasteur Eric Camden.

UNE INFIRMIERE : Ah ! Elle est bien bonne. Vous êtes pasteur ?

ERIC (en bégayant) : Oui. De l’église de … de … de … de Glenoak. C’est … C’est … j’étais avec ma femme.

UNE INFIRMIERE : Aaah !

ERIC : Euh … oui, je suis marié … depuis dix-huit ans.

UNE INFIRMIERE : Et vous ne portez pas d’alliance ?

ERIC : Je l’ai laissé près du lavabo.

UNE INFIRMIERE : Je suppose que vous avez aussi oublié votre col près du lavabo.

ERIC : Non. Nous ne portons plus de col. Mais je … je … je … je suis réellement marié et je … je suis père de cinq enfants.

UNE INFIRMIERE : On a tous cinq enfants !

ERIC : Ah oui, c’est vrai. Je vous assure.

UNE INFIRMIERE : Ecoutez, je ne sais pas si tout ce que vous dites est vrai, mais je sais reconnaître quelqu’un qui a mal aux pieds. Alors, si vous voulez, il y a un cordonnier, tout près. Je peux sortir et lui demander s’il peut vous agrandir un peu vos chaussures.

ERIC : Mais … mais, c’est-à-dire que … euh … vous êtes sûre que ça ne vous pose pas de problème ?

UNE INFIRMIERE : Aucun problème, je vous assure.

ERIC (en donnant la chaussure a l’infirmière) : Merci … Je serai en gériatrie, au septième étage.

L’INFIRMIERE FAIT OUI DE LA TETE. ERIC S’EN VA.


LUCY SE TROUVE AVEC SES DEUX AMIE AU L’ECOLE.

FILLE 1 : T’en as de la chance. Tâche de garder ton calme. Et tout se passera bien.

FILLE 2: Il est juste au coin de l’allée.

FILLE 1: T’as vraiment de la chance. Jimmy Moon est très mignon.

FILLE 2: Le voilà.

LES DEUX FILLES PARLENT DE JIMMY. CELUI-CI ARRIVE, FAIT SEMBLANT DE NE PAS LA VOIR ET PUIS S’EN VA.

FILLE 1 (en voyant Lucy craquer) : Désolée.

FILLE 2: Viens.
APRES QUE LES DEUX FILLES SOIENT PARTIES, JIMMY SE RETOURNE. LUCY A RETROUVE LE SOURIRE.


MATT, MARY, LUCY ET SIMON RENTRENT DE L’ECOLE EN RIANT. ANNIE EST EN TRAIN DE PREPARER LE DINER.

MARY : J’ai fait ce que j’ai pu pour lui souffler la réponse, mais ça n’a servi à rien. Bonsoir, Maman.

MATT : Salut, maman.

SIMON : Salut, maman.

ANNIE (en épluchant les pommes de terre) : Bonsoir.

LUCY : Bonsoir, maman.

ANNIE VOIT LES ENFANTS OUVRIR LE FRIGO.

ANNIE : Ne vous empiffrez pas, nous allons bientôt dîner.

MARY : Je meurs de faim.

LUCY : Moi aussi.

MATT VOIT MARY ET LUCY PRENDRE DES CHIPS.

MATT : Doucement, les filles. Laissez-en pour les autres.

ANNIE : Happy s’est un peu empâtée, dernièrement. Tu ne trouves pas, Simon ?

SIMON : Euh … si, si, un peu. Je lui donne probablement trop à manger. C’est pour ça, tu comprends ? Je vous ai promis à toi et à papa que je lui donnerai à manger. J’essaie seulement de faire mon travail du mieux que je peux.

LUCY : Maman, est-ce que quelqu’un m’a appelé ?

ANNIE : Non, chérie. Personne. Je regrette.

SIMON : Je pense aussi qu’elle ne fait pas suffisamment d’exercice. Alors, ce que je vais faire avant de m’occuper de mes devoirs, c’est l’emmener faire un tour dehors et jouer un petit moment avec elle. Il y a aussi autre chose que je peux faire.

ANNIE : Euh … quoi ?

SIMON : Je peux emmener Rosie se promener avec moi. Comme ça, elle ne t’embêtera pas.

ROSIE : Je n’embête pas maman, J’ai tout fait pour l’aider.

SIMON : Oui, mais tu peux m’aider à sortir la chienne.

ROSIE : Je peux t’aider pour la surprise ?

ANNIE : Quelle surprise ?

SIMON : Ce n’est rien, c’est juste une surprise.

ROSIE S’ECLATE DE RIRE.

SIMON : Viens, Rosie.

ROSIE SE LEVE ET SUIT SIMON.

MATT (en voyant Mary s’en aller) : Ne touche pas au téléphone. Je dois appeler quelqu’un.

MARY : Je regrette. Moi aussi.

ANNIE : Attends une seconde, Matt !

MATT (en se retournant) : Oui.

ANNIE : Ne fais pas de projets, d’accord ? Ton père et moi, nous avons décidé de te priver de la voiture pendant trois semaines.

MATT : Mais pourquoi ?

ANNIE : Tu n’es pas rentré hier soir.

MATT : Enfin ! Je vous ai dit que je n’avais rien fait.

ANNIE : Tu aurais quand même dû nous appeler.

MATT : Je ne pouvais pas. Je m’étais endormi.

ANNIE : Matt !

MATT : D’accord.

ANNIE : Je me sentirais mieux si tu me disais avec qui tu étais.

MATT : Avec une amie, voilà tout.

ANNIE : Une amie du lycée ?

MATT : Je … je l’ai rencontré à la bibliothèque, il y a quinze jours.

ANNIE : Qu’est-ce que tu fais à la bibliothèque ? Tu ne vas jamais à la bibliothèque.

MATT : Maintenant, j’y vais. Je ne vois pas où est le mal.

ANNIE : Il n’y a aucun mal, au contraire. C’est pour ça que tu auras le droit de prendre la voiture pour aller à la bibliothèque et au lycée. Mais ce sera tout … Elle t’aide à rédiger ton devoir ?

MATT : Non.

ANNIE : Désolé.

MATT : Je l’amènerai à la maison, un de ces jours, pour que tu fasses sa connaissance. Ca te va ?

ANNIE (en souriant) : J’en serai ravie. Quand ça ?

MATT : Oh ! Je t’en prie.

ANNIE : Aussitôt qu’elle sera rétablie.

MATT : Ecoute, on en reparlera, d’accord ?

ANNIE : J’y compte bien … Après le dîner, avec ton père.

MATT : Je peux aller à la bibliothèque ?

ANNIE : Oui … (en insistant) On dîne à six heures.

MATT : Entendu. A tout à l’heure.

ANNIE : A tout à l’heure … (juste au moment où Matt allait partir) J’aimerais pas être à ta place.


ROSIE ET SIMON JOUENT EN DEHORS DE LA MAISON.

SIMON (à Rosie qui fait le chien) : Saute, maintenant ! Allez, attrape ! Vas-y, attrape ! Attrape ! Bravo, c’est très bien. Je vais pouvoir apprendre ça à Happy.

SIMON REGARDE HAPPY EN TRAIN DE MACHONNER UNE CHAUSSURE.

SIMON : Ah non ! Pas une chaussure de papa. Non, t’es vilaine, tu sais ? (En examinant la chaussure et en la mettant dans son sac) Oooh ! Rosie. J’ai besoin de toi pour détourner l’attention de maman.

ROSIE : D’accord.

SIMON : Euh … vas la voir et dis-lui que t’as soif.

ROSIE : Mais enfin, je n’ai pas soif.

SIMON : Ca n’a pas d’importance.

ROSIE : Oh si, ça en a.

SIMON : Vous ne m’aidez vraiment pas, toi et Happy.


PENDANT QU’ANNIE PREPARE LE DINER, LE TELEPHONE SONNE. ELLE DECROCHE.

ANNIE : Allo.

RENEE : Bonjour. Est-ce que Matt est là, s’il vous plaît ?

ANNIE : Euh … je suis sa mère. Matt n’est pas à la maison.

RENEE : Oh ! Bon. Vous pouvez lui dire que Renée a appelé.

ANNIE : Bien sûr. Je lui dirai. Il devra être rentré à l’heure du dîner.

ROSIE ARRIVE DISCRETEMENT.

RENEE : Bien, merci.

ANNIE : Est-ce que vous vous sentez mieux ?

RENEE : Ah ! Matt vous a dit ?

ANNIE : Oui. Euh …

ANNIE REGARDE ROSIE.

ROSIE : Maman, je peux avoir un verre d’eau ? C’est pour Simon.

ANNIE : Oui, chérie … (à Renée) Renée, euh … si vous voulez venir dîner avec nous, j’ai préparé un rôti. Je serai absolument ravie de rajouter une assiette.

SIMON ARRIVE À SON TOUR.

RENEE : Vous croyez ? C’est gentil, en tout cas.

ANNIE : Alors, c’est d’accord ? A six heures ?

RENEE : D’accord. Comptez sur moi. Je viendrai.

ANNIE : Bien. A tout à l’heure.

TOUT EN RACCROCHANT, ELLE REGARDE SIMON, QU’ELLE N’AVAIT PAS VU ARRIVER. ANNIE S’EST SENTIE SAISIE.

ANNIE (en donnant le verre d’eau à Simon) : Ah ! Tiens, Simon !

SIMON : Merci.

ANNIE : Je peux accrocher ton blouson ?

SIMON : Non, ça va. Je vais le faire. C’est mon beau blouson. Je vais monter le ranger dans l’armoire et mettre un sweat-shirt ou … ou un pull. Comme ça, je ne salirai pas, sinon, il faut le donner à nettoyer.

ANNIE : Hm !

SIMON S’EN VA. ANNIE SE DOUTE DE QUELQUE CHOSE.



MARY ESSAIE DE TELEPHONER À JIMMY A LA PLACE DE LUCY. LA LIGNE EST OCCUPEE.

MARY : Ce n’est pas trop tôt.

LUCY : Qu’est-ce que tu fais ? Tu l’appelles ?

MARY : Bien sûr. Toi aussi, appelle Jimmy. Il vaut mieux ça que d’attendre.

LUCY : Oh non, pas question.


SIMON MET LA TABLE.

ANNIE (en arrivant avec la salade) : Et voilà !

ERIC (en arrivant à son tour) : Bonsoir.

ANNIE : Bonsoir, chéri.

SIMON : Bonsoir, papa. Regarde, je mets la table et pourtant, c’était le tour de Matt.

ERIC : Ah oui !

ANNIE (en embrassant Eric) : Hm ! Hm ! Hm ! J’ai parlé à Matt de la sanction et on en discutera après le dîner.

ERIC : Bien.

ANNIE (en voyant Eric mal chaussé) : Où sont passées tes chaussures ?

ERIC : Ah ? (murmures) C’est idiot! Hé ! Hé ! Une infirmière les a portées chez un cordonnier pour les agrandir, seulement, c’est fermé pendant le week-end.

ANNIE (lui montrant une bague) : Elle était mignonne, hein ?

ERIC : Ah ! (murmures) C’est pour qui l’autre couvert ?

ANNIE : L’amie de Matt. Je l’ai invitée à dîner avec nous.

MATT (en arrivant) : Comment ça ? Quelle amie ?

ANNIE : Renée a appelé juste après que tu sois parti et comme elle disait qu’elle allait mieux, je l’ai invitée à la maison.

MATT : Ce n’est pas vrai !

ERIC : Et … si tu disais merci, tu ne crois pas que ce serait mieux ?

MATT : Mais maman !

ERIC : Quel est le problème ?

ANNIE : Excuse-moi. Tu as dit que tu allais l’inviter et il m’a semblé que le moment était opportun.

MATT : Non, le moment n’est pas opportun.

ERIC : Et pourquoi ça ?

MATT : Parce qu’il ne l’est pas, c’est tout.

SIMON S’EN VA DES QUE QUELQU’UN SONNE A LA PORTE.

SIMON : Ne bougez pas. Je vais voir qui c’est.

MARY : Quelle mouche a piqué Simon ?

LUCY : Oh … il est vraiment lèche-botte, en ce moment.

ERIC : Ah ? Vous avez remarqué ça, oui ?

MATT : Il faut que je vous dise quelque chose avant.

RENEE (en arrivant) : Bonsoir. J’espère que je ne suis pas en retard ?

RENEE SE PRESENTE A LA FAMILLE CAMDEN.

MATT (à Renée) : Euh …euh … bonsoir.

RENEE : Bonsoir.

MATT (à Renée) : Euh … je te présente ma famille.

ERIC ET ANNIE REGARDENT FROIDEMENT RENEE.

SIMON (sans discrétion) : Est-ce que vous allez avoir un bébé ?

ERIC ET ANNIE : Simon !

RENEE : Euh … non. Effectivement, je vais avoir un bébé, mais Matt n’en est pas le père.

ERIC ET ANNIE SONT SOULAGES.

SIMON (sans discrétion) : Eh bien ! Voilà une bonne nouvelle !

ERIC ET ANNIE : Simon !

SIMON : Euh … le moment est peut-être venu de vous annoncer que Happy va aussi avoir des petits et que elle a mangé les chaussures de papa.

ANNIE ET ERIC SONT CONSTERNES. CE DERNIER REGARDE EN L’AIR.


LA FAMILLE CAMDEN ET RENEE SONT À TABLE.

SIMON : Alors, tu vas te marier ?

RENEE : Aaah ! Peut-être quand je serai plus vieille.

SIMON : Pourquoi ? T’as quel âge ?

RENEE : Dix-sept ans.

SIMON : Ca fait un peu jeune.

RENEE : Oui.

SIMON : T’as envie d’avoir d’autres enfants ?

RENEE : Non, je trouve que c’est amplement suffisant.

SIMON : Maman en a eu cinq.

ERIC (en se raclant la gorge) : Hum ! Euh … Mais si quelqu’un nous racontait comment sa journée à l’école s’est passée aujourd’hui, hein … hm … hm ... ?

SIMON : Alors, personne ?

PERSONNE NE REPOND. LUCY FAIT NON DE LA TETE.

ERIC (en regardant tout le monde) : Non ? Non ? Hm ?

SIMON : Alors, où en étais-je ?


MATT DISCUTE AVEC SON PERE DANS LE SALON.

ERIC : Je ne comprends pas pourquoi tu as jugé qu’il ne valait mieux ne pas m’en parler.

MATT : Il faudrait que je te dise tout, alors que tu ne veux pas me dire ce qui se passe avec grand-mère.

ERIC : S’il te plait, Matt, ne … ne détourne pas la conversation.

MATT : D’accord. Mais je veux quand même savoir.

ERIC : Tu sauras en temps voulu.

MATT : Pourquoi pas maintenant ?

ERIC : Parce que, maintenant, j’ai envie que nous parlions de Renée et de toi.

MATT : Il n’y a rien entre Renée et moi. Je te l’ai dit, on est amis.

ERIC : Sincèrement … je suis fière que tu sois l’ami de quelqu’un qui a besoin d’amis, en ce moment.

MATT (en ayant des doutes) : Mais ?

ERIC : Mais rien ! Renée a besoin d’ami, en ce moment. Et … ce dont elle a besoin surtout, c’est de ses parents et du père de son enfant.

MATT : Sa mère et partie, il y a des années et son père ne veut plus entendre parler d’elle.

ERIC (embarrassé) Aaah !

MARY ET LUCY DISCUTENT DANS LEUR CHAMBRE. ELLES ONT CHAQUE UN BALLON DE BASKET CACHE SOUS LEUR PULL.

MARY : Han ! Tu t’imagines avoir dix-sept ans et être enceinte ?

LUCY : Je ne me vois déjà pas en train d’embrasser un garçon.

MARY : Moi aussi.

LUCY : Toi, tu devrais faire attention.

MARY : Voyons ! On ne tombe pas enceinte en s’embrassant.

LUCY : Mais qu’est-ce qu’il y a exactement entre le moment où on s’embrasse et celui où on tombe enceinte ? (en s’asseyant sur le lit) Wouf !

MARY : Ecoute, ne vas pas plus loin que le baiser et tu ne craindras pas d’avoir un enfant.

LUCY : Je n’ai pas pu avoir de réponse de papa.

LE TELEPHONE SONNE. LUCY ET MARY SE JETTENT DESSUS. CETTE DERNIERE DECROCHE.

MARY : Allo.

JEFF : Bonsoir, Mary.

MARY : Bonsoir, Jeff … Quoi?


ERIC ET MATT SONT ENCORE EN TRAIN DE DISCUTER DE RENEE.

MATT : Je ne comprends pas. Il y a pleine de filles qui font ça constamment et rien n’arrive. Renée l’a fait une fois. Ce n’est vraiment pas juste. Elle est si gentille.

ERIC : Ce n’est pas une punition, Matt. C’est une sorte d’accident biologique … mais c’est la vie.

MARY ARRIVE, COMPLETEMENT FURIEUSE.

MARY : J’aimerais bien dire un mot à Matt, si tu permets.

ERIC : Tu sais que nous étions en pleine conversation ? Mais qu’est-ce qui se passe ?

MARY (en s’adressant à Matt) : Qu’est-ce que tu as raconté à Jeff ?

MATT : C’est entre moi et Jeff.

MARY : Ca ne l’est plus, désormais. Il a annulé notre sortie. Je ne peux pas croire que tu lui as dit que je voulais l’embrasser. Tu n’es qu’un idiot.

MATT : Jeff est mon meilleur ami et on parle souvent de ce genre de chose. Ma sœur veut sortir avec lui, eh bien, on parle de ma sœur.

MARY : Merci, tu es trop gentil.

MATT : Tu voulais te servir de lui pour qu’il t’embrasse, c’est tout.

MARY (en criant) : Non, ce n’est pas vrai.

ERIC : Ah ouais, ça va ! Calmez-vous ! Euh … s’il te plaît, Mary, tu permets que je fasse une suggestion ?

MARY : Tu y tiens vraiment ?

ERIC : Euh … pour être vraiment sincère, oui, oui, j’y tiens beaucoup. Si tu ne veux pas te servir de Jeff pour qu’il t’embrasse, alors fais-le lui savoir. Dis-lui, euh … qu’il n’y a pas le feu, hein ? Euh …dis-lui que tu veux apprendre à le connaître et passer des moments agréables avec lui et un jour, lorsque plusieurs … plusieurs … plusieurs … plusieurs … plusieurs … euh … soirées auront passé, une fois que vous aurez appris à bien vous connaître l’un et l’autre, vous pourrez vous embrasser … ou pas.

MARY : Tu crois que ça peut marcher ?

ERIC : Ca peut valoir la peine d’essayer. L’importance, c’est de se parler, de … de garder la communication … (en la voyant s’enfuir) toujours ouverte.

MATT (en colère) : Mary est trop jeune pour sortir avec quelqu’un. L’exemple de Renée ne t’a pas servi de leçon ?

ERIC (abasourdi) : Euh …


RENEE PARLE À ANNIE DANS LA CUISINE. CELLE-CI EST EN TRAIN DE METTRE LES RESTANTS DE VIANDE DANS LE PLAT.

RENEE : On a mis un préservatif. On ne l’a pas utilisé correctement, c’est tout. Enfin, selon toute vraisemblance. Quand j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai tout de suite su que je voulais garder le bébé. Je ne voulais pas le faire adopter. Et voilà ! Dites-moi, ça fait mal … de faire un bébé ?

ANNIE (embarrassée par cette question): Euh … je ne vais pas répondre à cette question. En revanche, ça aide d’être bien préparé. Est-ce que tu suis des cours ?

RENEE : Non, pas encore.

ANNIE : Eh bien, il y a des cours gratuits à la maternité. Je peux me renseigner pour toi ?

RENEE : Oui, merci. Vous savez, ce n’est pas vraiment comme ça que j’imaginais mon avenir, c’est vrai, je pensais que je serais chanteuse ou prof de musique ou bien astronaute. Tout sauf mère célibataire. Si ça se trouve, je serai peut-être la première chanteuse, mère célibataire, astronaute.

ANNIE ET RENEE S’ECLATENT DE RIRE.


ERIC A EMPRUNTE LES CHAUSSURES À MATT. IL SE REND DANS LA MAISON DU PERE DE RENEE : Mr NICHOLSON. IL FRAPPE QUATRE FOIS À LA PORTE.

ERIC (au père de Renée qui ouvre la porte) : Bonsoir.

Mr NICHOLSON : Oui.

ERIC : Euh … je suis un ami de votre fille et … (puis, en claquant la porte)

M. NICHOLSON : Je regrette, je n’ai pas de fille.

ERIC : Euh …

IL FERME LA PORTE AU NEZ D’ERIC. CELUI-CI ESSAIE UNE DEUXIEME FOIS. LE PERE DE RENEE OUVRE À NOUVEAU LA PORTE.

ERIC : Votre fille m’a demandé de vous dire qu’elle allait bien … et qu’elle …

APRES CETTE MEME REACTION, ERIC ESSAIE UNE TROISIEME FOIS.

ERIC : Bonsoir. Je m’appelle Eric Camden. Je suis pasteur de l’église de Glenoak. Ecoutez, moi aussi, j’ai trois filles.

Mr NICHOLSON : Ah oui ?

ERIC : Ouais.

Mr NICHOLSON : L’une d’elle est enceinte ? (puis, en claquant la porte)


SIMON EST DANS SA CHAMBRE. IL MONTRE À SA MERE LES CHAUSSURES QUE HAPPY A MACHEES ET QU’ILS AVAIENT CACHEES SOUS LE LIT.

ANNIE : Pour les petits de Happy, ce n’est pas ta faute. Mais tu aurais dû nous prévenir pour les chaussures dès que Happy s’est attaquée à la première.

SIMON : C’est ce qu’on appelle la sagesse rétrospective, c’est ça ?

ANNIE : Euh … oui, oui, c’est ça.

SIMON : T’inquiète pas, maman. Je trouverai un moyen pour lui en payer des nouvelles.

ROSIE : Ah oui ? Comment ?

SIMON : Ecoute, Rosie. Ceci est une conversation de grandes personnes.

ROSIE : Ah vraiment ?


PLUS TARD, ON APERCOIT ANNIE QUI SE SERT DU CAFE.

ANNIE (en voyant arriver Matt) : Ca va ?

MATT : Oui.

ANNIE (en le voyant pieds nus) : Où sont tes chaussures ?

MATT : Je viens de … de les prêter à papa. Tu permets que j’en boive une tasse ?

ANNIE (étonnée) : Tu t’es mis au café ?

MATT : Oui.

ANNIE : J’étais loin d’imaginer ça.

ANNIE SERT UNE TASSE DE CAFE À MATT.

ANNIE : Tu sais, il y a quelque chose sur moi que tu ignores aussi.

MATT : Qu’est-ce que c’est ?

ANNIE : Eh bien, j’ai été excellente en littérature anglaise.

MATT : Je ne suis pas mauvais non plus. Tu sais, si j’obtiens un A pour ce papier, je serai dispensé d’examen.

ANNIE : Et c’est pour ça que tu vas à la bibliothèque ? C’est pour ça que tu nous as fait toutes ces cachotteries ?

MATT : Je ne veux pas que ça me porte malheur … Si je te pose une question franche, tu me répondras franchement ?

ANNIE (en souriant) : Je ferai ce que je peux.

MATT : Est-ce que grand-mère va mourir ?

ANNIE : On a diagnostiqué chez elle, une forme de leucémie qu’il est très difficile de soigner à un stade aussi avancé.

MATT : Donc, elle est condamné ?

ANNIE : Oui … Oui, Matt, elle est condamnée.


ERIC ETEINT LA LUMIERE DU CORRIDOR ET VA DANS LA PIECE OU MATT FAIT SON DEVOIR.

ERIC : Tu travailles ?

MATT : Oui.

ERIC : Ta mère m’a dit que vous aviez discuté ?

MATT NE REPOND PAS.

ERIC : Ca va ?

MATT : Si ça n’allait pas, tu me dirais que grand-mère a bien vécu sa vie, c’est ça ?

ERIC : Matt !

MATT : Ecoute, je n’ai pas envie de parler de ça.

ERIC : Une autre fois.

MATT : Oui. (en le levant) Je pense qu’il ne faut pas en parler aux enfants. Ils ne sont pas assez grands pour comprendre ce genre de chose.

ET MATT S’EN VA.


A L’ENTREE DE L’ECOLE, MARY DISCUTE AVEC JEFF.

JEFF : Alors, à quelle heure je peux passer te prendre ?

MARY : Viens vers sept heures et demie. Et n’oublie pas qu’il y a une condition.

JEFF : Pas de baisers, je sais. Hm ! Hm ! Hm ! (claquement des mains)


ERIC REND VISITE AU PETIT AMI DE RENEE, OCCUPE À REPARER SA MOTO.

ERIC (en se raclant la gorge) : Hem ! Hem ! Bonjour, je suis Eric Camden, le pasteur de l’église de Glenoak. J’aurais aimé vous voir pour parler avec vous d’une amie qui s’appelle Renée Nicholson.

LE GARCON : Pourquoi faire ?

ERIC : Je crois qu’elle va avoir besoin de votre aide.

LE GARCON (en soupirant et en se levant) : Pff ! Regardez notre maison. Vous croyez qu’on a un trésor enfoui dans le jardin ?

ERIC : A vrai dire, je me demandais si vous accepteriez de prendre un emploi … au cas où bébé aurait besoin de nourriture, d’un toit, de vêtements ?

LE GARCON : Ecoutez ! J’ai postulé comme chercheur nucléaire, il n’y a pas d’embauche.

ERIC : Ouais … Si ça vous intéresse, il y a peut-être de l’embauche au club de billard. Ce n’est pas aussi prestigieux que le nucléaire, enfin c’est un boulot de serveur payé au salaire minimum … Mon adresse est sur la carte. C’est assez angoissant d’avoir une fille, alors si je peux faire quoi que ce soit pour vous, appelez-moi surtout.

LE GARCON FAIT OUI DE LA TETE. ERIC S’EN VA.

LE GARCON (en criant) : Alors, c’est une fille ?

ERIC : Oui, vous allez avoir une petite fille. Félicitations.


LUCY QUITTE L’ECOLE ET CROISE JIMMY MOON.

UNE FILLE (en faisant signe) : Au revoir, Lucy.

UNE AUTRE FILLE : Au revoir, Lucy et à demain.

JIMMY (en arrivant) : Lucy ! Est-ce qu’il y a des gens qui sont venus te voir pour te dire que je t’aime bien ?

LUCY : Euh …

JIMMY : Toi, tu m’aimes bien ?

LUCY : C'est-à-dire que …

JIMMY : Ca va, ça va. Moi non plus. Je crois qu’on nous a joué un mauvais tour, c’est tout.

LUCY (en le voyant partir) : Euh … s’il te plaît, attends.


MATT EST ASSIS, SEUL, SUR LA TERRASSE.

SIMON (en arrivant) : Matt ! Euh … tu sais, je crois qu’on devrait discuter … d’homme à homme.

MATT : D’accord. Qu’est-ce qu’il y a ?

SIMON : J’ai beaucoup réfléchi.

MATT : Tu ne devrais pas. Tu pourrais te faire du mal.

SIMON : Arrête ! Je parle sérieusement.

MATT : Excuse-moi. Vas-y. Je t’écoute. A quoi tu réfléchis ?

SIMON : A Renée.

MATT : C’est à papa que tu devrais parler.

SIMON : Non. Je pense que c’est à toi que je dois en parler.

MATT : Franchement, je ne suis pas sûr de pouvoir répondre à tes questions, Simon.

SIMON : Ce n’est pas vraiment une question, c’est plutôt une sorte … d’observation.

MATT : Je verrai ce que je peux faire.

SIMON : Je pense que tu devrais épouser Renée.

MATT : Non, mais tu débloques !

SIMON : Non, écoute, elle est gentille. T’es gentil. Je parie que le bébé sera très gentil.

MATT : Simon, je ne peux pas épouser une fille sous prétexte qu’elle est gentille. Renée et moi, on est amis, tu sais. On n’est pas amoureux. Si je me marie, je veux être amoureux.

SIMON : Je ne comprends pas. Elle est adorable, elle est mignonne, elle sait se tenir à table. Qu’est-ce que tu lui reproches, exactement ?

MATT : Rien.

SIMON : Alors, tu vas y réfléchir ?

MATT : Non, Simon. Tu sais pourquoi ? Parce que je ne veux que le bonheur de Renée. Et son bonheur, ce serait d’épouser quelqu’un dont elle serait amoureuse, quelqu’un de responsable et d’équilibrée.

SIMON : Je n’avais pas pensé à ça. T’es pas quelqu’un de responsable, c’est vrai.

MATT : Tu as trois secondes : trois, deux, un

MATT ET SIMON SE METTENT À COURIR.


ERIC TRAVAILLE DANS SON BUREAU.

ANNIE (en arrivant) : Ce jeune homme voudrait te parler.

LOU : Merci … (en s’approchant d’Eric) Bonjour, euh … je suis venu pour vous remercier … pour le travail. J’ai eu le travail au club de billard. Je suis allé là-bas dès la fin de mes cours.

ERIC (abasourdi) : Euh …

LOU : Je m’appelle Lou, l’ami de Renée. Euh … je suis le papa.

ERIC : Mais … mais … j’a …j’avais cru comprendre que … que le garçon que j’ai rencontré ce matin … euh … c’était …

LOU : Non, non, non, non. Lui, c’est mon frère aîné. Il dit qu’il aurait bien pris le boulot, si vous entendez parler d’autre chose.

ERIC : Aaah ! Bien sûr. Mais j’essaierai de lui trouver quelque chose également, euh … À propos, euh …j’ignore si ça vous intéresse, mais il y aura un service spécial, ce dimanche à l’église.

LOU : Euh … euh … oui, seulement, je vais sûrement travailler.

ERIC : Le dimanche, le club de billard est fermé.

LOU (en tombant des nues) : Ah !


MARY ET LUCY SONT DANS LA CHAMBRE. L’UNE CHERCHE UN VETEMENT, L’AUTRE LIT UNE REVUE.

MARY : Je n’arrive pas à le croire. J’ai enfin réussi à trouver un garçon avec lequel je vais pouvoir sortir. Le baiser n’est pas d’actualité pour l’instant mais on sort ensemble.

PENDANT CETTE DISCUSSION, LUCY FOND EN LARMES.

MARY : T’as un problème, Lucy ?

LUCY (en pleurant) : Ce n’est rien.

MARY (en s’approchant de Lucy) : Alors, pourquoi tu pleures ?

LUCY (en pleurant) : C’est l’article que je lis qui est très triste.

MARY (en lui reprenant son magazine) : Ca te fait pleurer, Sassy ?

LUCY (en pleurant) : Je me suis complètement tournée en ridicule en face de Jimmy Moon. Et maintenant, il ne veut plus de moi.

MARY (en la réconfortant) : Alors, c’est lui, l’imbécile, pas toi.


ANNIE DISCUTE AVEC MATT.

ANNIE : Aujourd’hui, j’ai dit à ta grand-mère que nous avions eu une discussion … et je me disais que si tu voulais, tu pourrais lui passer un coup de fil juste pour lui dire euh … un petit bonjour.

MATT : Je ne saurai pas quoi lui dire.

ANNIE : Eh bien, dis-lui tout simplement que tu penses à elle comme tu l’as toujours fait. Je lui ai parlé de Renée, elle a été impressionnée par le fait qu’elle se soit confiée à toi.

MATT : Elle sait que j’ai été couché et que je suis privée de voiture pendant trois semaines.

ANNIE (en riant) : Euh … Eh oui, je lui ai dit toujours tout.

ERIC (en arrivant) : Matt ! On n’a pas eu l’occasion de parler de ta grand-mère.

MATT : A quoi bon en parler ?

MATT QUITTE LA PIECE.

ERIC (surpris): Hem ! Euh … Ca alors ! Les gens viennent me raconter leur vie mais mon fils ne veut pas discuter avec moi, sauf si je le coince dans une pièce Comment ça se fait ?

ANNIE : C’est avec moi qu’il discute.

ERIC : Euh … Tout de même ! Je parle avec ma mère de mes problèmes et j’en parle aussi avec mon père.

ANNIE : Ah oui ? Ce père avec lequel tu parles au téléphone, une fois par semaine, du temps qu’il fait ?

ERIC : Tous les deux, on est des fans du temps qu’il fait.

ANNIE : Hm ! Hm !

SIMON (en arrivant) : Ecoutez ! Voici la solution que j’ai trouvée si vous êtes d’accord, tous les deux.

ERIC : C’est quoi ?

SIMON : C’est très simple. Je vais vendre de la citronnade.

ERIC : Euh … dis-moi, combien de fois tu as déjà vendu de la citronnade ?

SIMON : Euh … plein de fois ?

ERIC : Et … combien de fois as-tu pris la peine de rembourser ta mère pour tous les invendus ?

SIMON : Euh … combien de fois, maman ?

ANNIE : Jamais !

ERIC : Non !

SIMON : Mais je crois que j’ai découvert un secret, maman. C’est l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement.

ERIC (en parlant entre ses dents) : Euh … écoute-moi bien. Simon, je sais … à quel point c’est difficile pour un enfant de ton âge de se faire de l’argent. Alors, pourquoi tu n’essaierais pas de faire un travail utile pour la communauté ? Je ne sais pas. Essaie de rendre service aux autres gens et moi, je rachèterai moi-même les chaussures.

SIMON : Tu sais, c’est une bonne idée !

ANNIE : Qu’est-ce qui est une bonne idée ?

SIMON : Je distribuerai la citronnade.

ERIC : Voyons ! Ce n’est pas ce que je voulais dire.

SIMON : Je sais, papa. Mais réfléchis. Entre ne rien faire et aller à l’église, grâce à ma citronnade, beaucoup plus de gens viendront à l’église.

ANNIE (en riant) : Ha ! Ha ! (en s’en allant) Oh !

SIMON : Alors, t’es d’accord ?

ERIC : On verra, Simon, on verra.


MARY FORCE LUCY A TELEPHONER A JIMMY. CETTE DERNIERE REFUSE.

LUCY : Oh non ! Je ne peux pas lui parler.

MARY : Si, tu peux. Dis seulement que tu ne savais pas quoi lui dire aujourd’hui et que tu crains qu’il l’ait mal pris.

LUCY (en prenant le téléphone) : Salut. Je ne savais pas quoi te dire aujourd’hui et je crains que tu ne l’ais mal pris. (en raccrochant) J’ai eu le répondeur.

MARY (en riant) : Hm ! Hm !


DANS LE SALON, ANNIE EST EN TRAIN DE LIRE, A ROSIE, L’HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE.

ANNIE (en lisant) : Alors, le petit chaperon rouge sortit de la maison, toute heureuse, à l’idée d’offrir à sa grand-mère sa galette et son petit pot de beurre. Elle traversa les prés et les champs, elle entra dans la forêt en chantant … (en fermant le livre) On arrête ici pour ce soir. On reprendra demain, d’accord ?

MATT (en arrivant) : Je peux aller à la bibliothèque ?

ERIC : La bibliothèque ? Un vendredi soir ?

ANNIE : Je pensais que tu avais fini ton papier.

ERIC : Si tu penses rencontrer Renée, je crois que Lou a prévu d’y passer pour la voir ce soir.

MATT : Oui, je suis au courant. Elle me l’a dit. Alors, est-ce que je peux aller ailleurs ?

ERIC : Non, Matt, je regrette. Pas pendant trois semaines … Sauf si tu as envie de jouer au billard. On se fait une petite partie ?

MATT : Non merci. Je ne suis pas aussi désespéré.

ERIC : Alors, peut-être le prochain week-end.

MATT : Peut-être.

ON SONNE À LA PORTE. HAPPY ABOIE.

ANNIE : Oh ! Ca peut être Jeff.

TOUT LE MONDE DESCEND. MATT OUVRE LA PORTE. EN VOYANT JIMMY, QUI AVAIT REPONDU AU MESSAGE DE LUCY, MATT, SIMON, MARY ET LES PARENTS ONT L’AIR CONSTERNE.

ANNIE : Hein ?

JIMMY : Euh … Ca va. Lucy est là ?

MATT FAIT SIGNE QUE NON. DISCRETEMENT EN SE CACHANT DERRIERE LA PORTE, LUCY SOURIT ET LUI FAIT SIGNE SANS LUI DIRE UN MOT.


ERIC ET ANNIE SONT AU LIT.

ANNIE (livre à la main) : Tu as parlé avec le père de Renée ?

ERIC : J’ai laissé un message. Je reviens tout de suite. Je crois que je n’ai pas fermé la porte d’entrée à clef.

ANNIE : Moi, je l’ai fait.

ERIC : Ah ! Je vais me chercher un verre de lait. T’en veux un ?

ANNIE : Mais non. Je vais y aller.

ERIC : Non, non, non, je m’en occupe.

ANNIE : Tu sais, tu ne devrais pas montrer de façon aussi évidente que tu l’attends. Mary pensera que tu ne lui fais pas confiance. Du reste, elle ne passera pas le seuil de la porte avant vingt-trois heures précise, c’est-à-dire l’heure limite légale.

ERIC : Ca se voit tant que ça que je l’attends ?

ANNIE : Oui.

ERIC : Ca m’est égal.

ERIC SE LEVE ET RENCONTRE LUCY DANS LE CORRIDOR.

LUCY : Papa ! Tu vas guider le retour de Mary ?

ERIC : Euh … non, non. Pourquoi ? J’ai ouvert à ta sœur une confiance absolue …Dis-moi, ton ami Jimmy a l’air bien sympathique.

LUCY : Oh ! Tu sais, ce n’est qu’un camarade de classe. Il est venu me voir pour savoir quel devoir il fallait faire. Il a été malade.

ERIC : Tu sais ce qu’on a en commun ?

LUCY : Quoi ?

ERIC : Pour mentir, on est aussi mauvais l’un que l’autre.

LUCY : T’as raison. Excuse-moi, papa.

ERIC : Excuse-moi aussi. Maintenant, je vais dans le salon attendre ta sœur.

ERIC S’EN VA. LUCY S’ECLATE DE RIRE. EN CE TEMPS-LA, MATT EST AU TELEPHONE. IL PARLE À SA GRAND-MERE.

MATT : Tout va bien, grand-mère. J’appelle pour dire bonjour. Je suis content que tu sois encore debout. … Oui, trois semaines. Enfin maman me réduira peut-être la peine à deux …

ERIC EST SUR LE POINT D’OUVRIR LA PORTE. IL APERCOIT HAPPY.

ERIC : Ah ! Tu veux faire un tour, toi? Allez, je te donne deux minutes, Happy. Fais vite !

ERIC OUVRE LA PORTE. A SA PLUS GRANDE SURPRISE, IL DECOUVRE QUE MARY ET JEFF SONT EN TRAIN DE S’EMBRASSER.

ERIC (en les voyant se retourner) : Ca va ?

COMME MARY ET JEFF NE REPONDENT PAS, ERIC FERME LA PORTE.

MARY (à Jeff) : Où en étions-nous ?


AUX ABORD DE L’EGLISE, SIMON DISTRIBUE DE LA CITRONNADE.

SIMON (à un passant) : Venez, monsieur. Merci d’être venu.

ANNIE (aux personnes qui l’entourent) : Toi, aussi tu attends pour de la citronnade ? Excuse-moi. Bonjour, monsieur. C’est une très belle journée, n’est-ce-pas ? Bonjour.

ANNIE S’APPROCHE DE SIMON.

SIMON : Tu vois, je t’avais dit que c’était une bonne idée.

ANNIE : Oui, mais le service va bientôt commencer, alors, tu devrais fermer ton stand.

SIMON : D’accord.

ANNIE : On se retrouve à l’intérieur. (à Matt) Tu viens ?

MATT : Est-ce que j’ai le choix ?

ANNIE : Euh … prends Simon avec toi, d’accord ?

MATT : Entendu.

UNE DAME : Pourquoi est-ce que tu ne fais pas payer ta citronnade, Simon ?

SIMON : Moi, je voulais bien faire payer pour acheter à papa, des chaussures neuves ? Mais il ne voulait pas.

UNE DAME : Ton papa a besoin de chaussures neuves ?

SIMON : Oui. Est-ce que vous savez ce que ça peut coûter, des chaussures ?

UNE DAME : Ha ! Ha ! Hm ! (en lui donnant un billet) : Tu donneras ça à ton papa.

SIMON : Wouah ! Merci.

UNE DAME (aux personnes qui l’entourent) : Le pasteur a besoin de chaussures neuves. Excusez-moi. Le pasteur a besoin de chaussures neuves.

UN MONSIEUR : Confession !


TOUT LE MONDE SE REUNIT A L’EGLISE. D’ABORD, ERIC REMARQUE LA PRESENCE DE L’INFIRMIERE QUI LUI MONTRE SES CHAUSSURES.

ERIC : Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Bon. (à ses fidèles) Bonjour, euh … j’ai eu pas mal de nouvelles à vous annoncer, ce matin …

HORS DE L’EGLISE, ON APERCOIT MATT ET SIMON. CE DERNIER EST PARVENU À RECOLTER DE L’ARGENT.

SIMON : Hé, Matt ! Regarde !

MATT : Qu’est-ce que c’est que ça ?

SIMON : C’est pour offrir des chaussures à papa. Viens, il va être très content.

MATT (à la famille de Renée) : Ah ! Je vous rejoins tout de suite.

SIMON : D’accord.

À L’EGLISE, ERIC EST SUR LE POINT DE PRESENTER RENEE NICHOLSON À SES FIDELES.

ERIC : A présent, je pense que tout le monde est arrivé … (Simon arrive avec de l’argent) Pour commencer, j’aimerais souhaité la bienvenue au dernier membre de notre chorale : Renée Nicholson.

AVANT QUE CELLE-CI NE CHANTE, ON REMARQUE L’ARRIVEE DE LOU, SON PETIT AMI, PERE DE SON ENFANT. SIMON S’ASSIED À COTE D’ANNIE.

ANNIE (voyant l’argent) : Oh ! Simon !

RENEE (en chantant) : I see an angel … it has spread its wings … above my head and my heart … the joy and love around me …

PENDANT CETTE CHANSON, ON APERCOIT Mr NICHOLSON (QUI AVAIT RECONNU LA VOIX DE SA FILLE) ET MATT PRES DE LA PORTE DE L’EGLISE.

Mr NICHOLSON (consterné) : Vous savez, c’est ma fille ! La choriste !

MATT : Hm ! Ah oui ? Venez.

MATT INVITE Mr NICHOLSON A VENIR VOIR CHANTER SA FILLE DANS L’EGLISE.

RENEE (en chantant) : ... I see an angel … it has spread its wings … above my head and my heart … the joy and love around me … has filled me so … has given me the chance to be … an angel … I see an angel … around me …

CETTE CHANSON DONNE LE SOURIRE À SON PETIT AMI ET À SON PERE, AINSI QU’À LA FAMILLE CAMDEN.



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